Le nouvel atlas indique le potentiel énergétique de l'Afrique ainsi que les opportunités d'investissement afin de répondre aux besoins énergétiques de l'Afrique

4 mai 2017

  • L'Afrique est dotée d'une abondance de ressources énergétiques, à la fois renouvelables et non-renouvelables.
  • Les foyers africains les plus démunis dépensent 20 fois plus par unité d'énergie que les foyers plus fortunés lorsqu'ils sont raccordés au réseau électrique.
  • Des investissements réalisés dans des infrastructures d'énergie verte sont susceptibles de renforcer le développement économique de l'Afrique et la rapprocher de l'atteinte des Objectifs de Développement Durable.

La consommation énergétique en Afrique est la plus faible au monde, et la consommation par habitant n'a presque pas changé depuis 2000, indique un nouvel Atlas publié ce jour par le programme des Nations Unies pour l'environnement et la Banque africaine de développement lors du Forum économique mondial qui s'est tenu à Durban, en Afrique du Sud.

La production énergétique actuelle en Afrique est insuffisante pour répondre à la demande. Environ un tiers de la population africaine n'a toujours pas accès à l'électricité et 53 pour cent de la population dépend de la biomasse pour cuisiner, se chauffer et faire sécher. Une bouilloire branchée deux fois par une famille au Royaume-Uni utilise cinq fois plus d'électricité qu'une famille malienne en un an.

Rédigé en coopération avec l'Environment Pulse Institute, l'Institut d’Études géologiques des États-Unis et l'Université George Mason, l'Atlas regroupe des informations relatives au paysage énergétique en Afrique. Il fournit des informations sous la forme d'images, de graphiques, de cartes et d'autres données satellites "avant et après" détaillées en provenance de 54 pays par le biais de supports visuels indiquant les défis et opportunités générés par la fourniture à la population africaine d'un accès à des services énergétiques fiables, abordables et modernes.

"L'Atlas présente des arguments convaincants quant au fait que des investissements réalisés dans des infrastructures d'énergie verte sont susceptibles de renforcer le développement économique de l'Afrique et la rapprocher de l'atteinte des Objectifs de Développement Durable. Il s'agit par conséquent de lignes directrices essentielles pour les gouvernements africains dans la mesure où ils s'efforcent de catalyser le développement national en utilisant leurs ressources énergétiques,” a déclaré Juliette Biao Koudenoukpo, Directrice et Représentante régionale, Programme des Nations Unies pour l'Environnement, Bureau Afrique.

L'Atlas indique à la fois le potentiel et la fragilité des ressources énergétiques du continent qui sont au cœur du développement socio-économique de l'Afrique. Il met en évidence des réussites de développement d'énergie durable à travers le continent, mais il met également en lumière les défis environnementaux majeurs associés au développement de l'infrastructure énergétique.

“Cet Atlas contribuera à faciliter l'accès aux informations et données dans le secteur énergétique pour toutes les parties concernées, y compris la communauté des donateurs, les gouvernements africains et le secteur privé,” a déclaré Amadou Hott, vice-président responsable de l'électricité, de l'énergie, du climat et de la croissance verte, pour la Banque africaine de Développement.

Les réserves de charbon, de gaz naturel et de pétrole représentent respectivement 3,6 pour cent, 7,5 pour cent et 7,6 pour cent des réserves globales. Une population croissante, une industrialisation durable et une hausse de l'urbanisation signifient que la demande énergétique en Afrique augmente. Seule une fraction insignifiante du potentiel énergétique existant a été exploitée —laissant le continent à la traîne dans les secteurs de la production et de la fabrication en raison de l'accès faible et peu fiable à l'énergie.

Principales constatations et préoccupations clés indiquées dans l'Atlas

  • L'Afrique présente la consommation énergétique par habitant la plus faible au monde : avec 16 pour cent de la population mondiale (soit 1,18 milliard de personnes sur 7,35 milliards), elle consomme environ 3,3 pour cent de l'énergie primaire mondiale.
  • Les tendances actuelles indiquent que l'Afrique n'attendra pas le plein accès à l'électricité avant 2080.
  • De toutes les sources énergétiques, l'Afrique consomme principalement du pétrole (42 pour cent de sa consommation énergétique totale) suivi par le gaz (28 pour cent), le charbon (22 pour cent), l'hydroélectricité (6 pour cent), les énergies renouvelables (1 pour cent) et le nucléaire (1 pour cent).
  • L'Afrique du Sud est le septième producteur de charbon le plus important au monde et représente 94 pour cent de la production africaine de charbon.
  • Les ressources en énergies renouvelables de l'Afrique sont diverses, inégalement réparties et énormes en quantité — potentiel solaire quasiment illimité (10 TW), hydroélectricité abondante (350 GW), énergie éolienne (110 GW) et sources d'énergie géothermiques (15 GW).
  • Environ 60 pour cent des réfrigérateurs utilisés dans les dispensaires en Afrique sont dotés d'une électricité peu fiable, ce qui compromet le stockage sécurisé de vaccins et de médicaments ; la moitié des vaccins sont gâchés en raison du manque de réfrigération.
  • L'énergie provenant de la biomasse représente plus de 30 pour cent de l'énergie consommée en Afrique et plus de 80 pour cent dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne. La pollution intérieure générée par la cuisine à la biomasse — une tâche généralement exécutée par les femmes — va bientôt contribuer au décès de plus de personnes que le paludisme et le VIH/SIDA combinés.
  • L'Afrique subsaharienne présente des ressources énergétiques non découvertes, mais techniquement récupérables estimées à environ 115,34 milliards de barils de pétrole et à 21,05 billions de mètres cubes de gaz.
  • Davantage de femmes que d'hommes souffrent de pauvreté énergétique.

Catégories: Communiqués de presse, Informations générales, Energie

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