Financement du secteur privé
Les capitaux privés constituent une composante importante, mais volatile, du financement des infrastructures en Afrique. Les engagements ont fortement diminué après 2020 avant de se redresser en 2023, les investissements étant concentrés dans un nombre limité de secteurs et de régions.
Un rebond après une forte baisse

Les engagements du secteur privé en faveur des infrastructures sont passés d’environ 19 milliards de dollars US en 2020 à 5,4 milliards en 2021, ont encore diminué en 2022, puis se sont redressés à environ 10,6 milliards en 2023. La part du secteur privé dans les engagements totaux représentait environ 6 % en 2021, 4 % en 2022 et 10 % en 2023.
Concentration sectorielle et géographique

Sur la période 2021–2023, l’énergie a attiré 48 % des engagements privés recensés dans les infrastructures, suivie des transports (27 %). Les financements se concentraient particulièrement en Afrique du Nord et en Afrique australe. Les transactions de grande ampleur peuvent fortement influencer les totaux annuels et régionaux ; ces chiffres ne doivent donc pas être interprétés comme le signe d’un intérêt uniformément réparti des investisseurs.
Exemples de projets financés par le secteur privé
Le rapport recense plusieurs transactions importantes, notamment le port de Banana en République démocratique du Congo, le projet solaire photovoltaïque de Kenhardt en Afrique du Sud et le port de Ndayane au Sénégal. Ces exemples illustrent le poids des grands investissements dans les transports et l’énergie au sein des totaux enregistrés.
Conditions nécessaires à une mobilisation accrue des investissements
Le rebond observé en 2023 montre que le financement privé peut se redresser, mais sa contribution reste modeste au regard des besoins en infrastructures de l’Afrique. Une préparation de projets permettant leur financement, des mécanismes de recettes crédibles et une répartition appropriée des risques sont des facteurs pertinents pour attirer davantage de capitaux privés. Il s’agit d’implications pour les politiques publiques, et non de résultats directement mesurés par les données relatives aux engagements.

