Mme Tas Anvaripour, la directrice du fonds Africa50, s'entretient avec l'ICA

10 juin 2014

Fin mai, Mme Neside Tas Anvaripour, directrice du fonds Africa50, s'est entretenue avec l'ICA en Tunisie pour parler de ce nouveau véhicule de financement. Son compte rendu détaillé de l'effort considérable mis en œuvre pour la création d'Africa50 reflète l'espoir et la détermination d'un vaste réseau de parties prenantes dans les investissements d'infrastructures durables sur le continent. 

ICA : Pouvez-vous nous dire comment est né le fonds Africa50 ?
Tas Anvaripour :  “… Merci pour cet entretien. Il est extrêmement opportun.  Comme vous le savez, les besoins de l'Afrique en termes d’ infrastructures sont énormes.   On estime que l'Afrique doit consacrer environ 100 milliards de dollars américains par an dans le cadre de projets dans les domaines des transports, de l’énergie, et de l'eau.   Actuellement moins de la moitié de ce montant est obtenu par le biais de ressources traditionnelles ; budgets gouvernementaux et agences soutenues par des donateurs --mais rarement issus du secteur privé -- ce qui laisse un écart immense.   Aborder cet écart conséquent s'est avéré être un véritable défi. A l'instar de la Banque africaine de Développement, nous avons été contraints de concevoir une nouvelle approche de manière créative afin de garantir de nouvelles sources de financement – une nouvelle manière de faire des affaires qui aborde les lacunes du business habituel. 

L’Écart des Infrastructures africaines est un problème largement reconnu et certaines stratégies ont été conçues pour l'aborder.  Pour expliquer un peu le contexte -- en janvier 2012, l’Union africaine et les chefs d'état du NEPAD ont convenu d'une déclaration pour le Programme de Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA).   Comme la plupart de vos lecteurs le savent, le PIDA est un programme pour l'accélération du développement des infrastructures et le renforcement de l'intégration régionale en Afrique.  Lors de la réunion annuelle des Banques africaines de Développement qui s'est tenue à Marrakech en mai 2013, nous avions été formellement mandatés par les Gouverneurs de la Banque pour développer le concept inhérent à un véhicule de livraison d'infrastructures qui permettrait d'accélérer la mise en oeuvre du programme PIDA. Nous avons immédiatement initié une série de discussions avec les Communautés économiques régionales, les banques régionales de développement et les gouvernements – en recevant un soutien considérable pour le travail réalisé sur la conception d'Africa50. 

 Le nom Africa50 symbolise non seulement la promesse faite à l'Afrique pour les cinquante prochaines années, mais célèbre également le cinquantième anniversaire de l'UA et de la Banque africaine de Développement…” 

 ICA : Africa50 est la création de la Banque africaine de Développement, va-t-il opérer dans le cadre de la Banque ?   
Tas Anvaripour : “…Le fonds Africa50 a été conçu et développé par la Banque africaine de Développement, toutefois il opérera en tant que véhicule autonome doté d'une indépendance financière et juridique vis-à-vis de la Banque africaine de Développement.      
La Banque africaine de Développement présente une solide expérience en matière de livraison de solutions innovantes pour aborder les défis imposés par le marché en Afrique, par exemple la création d'  Afreximbank en 1993, et la Facilité africaine de soutien juridique en 2008.  En outre, la banque constitue la principale organisation de développement du continent, et un acteur clé au sein du marché des infrastructures africaines, ayant consacré environ 50 milliards de dollars dans les infrastructures au cours des 50 dernières années ; ce qui a permis de lever des centaines de milliards en termes d'investissements d'infrastructures sponsorisés par le secteur public et privé  – par conséquent, il n'y avait vraiment pas de meilleur endroit pour concevoir et développer le fonds Africa50. Afin d’atteindre une croissance durable en Afrique, un réseau d'infrastructures durables est essentiel.  Notre expérience et notre connaissance du marché sur l'ensemble du continent nous indique que les besoins en termes de business habituel doivent être remis en question et qu'une nouvelle approche doit être adoptée – une stratégie commerciale qui attirera de nouvelles sources de financement et une nouvelle manière de consolider et d'opérer les actifs d'infrastructures. 

L'objectif inhérent au fonds Africa50 est d'être intégré en tant qu'entité indépendante – gérée en tant que société conformément aux meilleures pratiques et considérée par le marché comme une solution aux défis rencontrés par les infrastructures en Afrique. Afin de stimuler le marché, la Banque africaine de Développement, les gouvernements africains et les institutions africaines agiront au titre d'investisseurs fondateurs vis-à-vis du fonds Africa50.  La solidité et la stabilité collectives de ces institutions permettront de renforcer la confiance dans les secteurs d'investissement au niveau privé, institutionnel et international…” 

ICA :  Africa50 a été décrit comme un ‘guichet unique’ pour les investisseurs.   Pourriez-vous expliquer pourquoi Africa50 est décrit comme un "guichet unique" ?
Tas Anvaripour :  “…  Africa50 représente une solution axée sur les besoins liés à l'écart de financement actuel au sein du marché des infrastructures en Afrique.  Le caractère unique du fonds Africa50 réside dans la livraison de projets rentables et transformationnels pour le marché, en soutenant un triple résultat de retours sur investissement solides, d'impact sur le développement par le biais d'une livraison rapide de projets d'infrastructures et en créant des opportunités commerciales pour la communauté commerciale africaine et internationale. 

 Les projets d'infrastructures sont compliqués : ils impliquent de nombreuses parties prenantes présentant des intérêts différents – par conséquent, avant la conception d'Africa50, nous avons réalisé une étude approfondie du marché et des investisseurs, ce qui nous a permis de concevoir le modèle économique du fonds Africa50.  Nous avons étudié les stratégies opérationnelles de toutes les institutions financières présentes actuellement au sein du marché des infrastructures en Afrique. Une analyse SWOT a permis d'identifier les facteurs de succès et les lacunes de leurs stratégies opérationnelles.  Nous avons remarqué qu'elles ont été restreintes par la taille du bilan, la concentration géographique, le goût du risque, les longs délais de traitement dus aux procédures lourdes – et par conséquent, l'impact de leurs opérations est limité. 

 L'analyse de marché associée à notre solide expérience et à notre connaissance de l'espace inhérent aux infrastructures africaines, ont indiqué qu'il y avait le besoin d'une plateforme d'accompagnement des projets, de la conception à la mise en œuvre ; en intégrant des acteurs appropriés, le cas échéant, lors de différentes étapes d'un cycle de projet. 

L'approche “guichet unique” a été le résultat de cette analyse et constitue une référence quant à la manière dont Africa50 participera à la livraison de projet lors de toutes les étapes du cycle de projet. Nous expliquons cela par le biais d'une approche à deux niveaux ; le secteur d'activité de développement de projet et le secteur d'activité de financement de projet. 

Les secteurs d'activité de développement de projet seront axés sur la facilitation de développement de projets en phase initiale. Sur le continent africain, le développement de projet peut représenter jusqu'à 10-12 % du coût total du projet et une insuffisance des ressources tend à se produire lors de cette étape cruciale. Les gouvernements ne disposent pas des ressources financières et humaines suffisantes pour développer des projets à un niveau susceptible d'être proposé au secteur privé -- et le nombre d'investisseurs privés disposés à un prendre le risque d'un projet initial est limité -- et ils ne peuvent pas opérer de manière rapide dans la mesure où ils disposent d'une autorité de convocation limitée avec les gouvernements et les agences gouvernementales concernées. Les facilités de préparation de projets organisées par les institutions de financement de développement sont financées par des donateurs.  Un renouvellement de ces facilités est limité, et elles sont principalement concentrées sur la réalisation d'études de faisabilité et de conceptions techniques initiales. Mener un projet de l'étude de faisabilité à la rentabilité requiert un capital immense. En 2010, environ 80 millions de dollars américains ont été consacrés à la préparation de projets tandis que les coûts annuels inhérents au développement de projets mis en œuvre pour le programme PIDA s'élèvent à 2,5 milliards de dollars par an.  Africa50 abordera cet écart et co-développera des projets depuis la phase initiale ; en s'assurant que les projets atteignent un seuil de rentabilité. Cette approche permettra non seulement de mener les projets vers la rentabilité, mais contribuera également à augmenter le nombre de projets qui atteignent le seuil de rentabilité—en conséquence, Africa50 créera des opportunités commerciales pour tous : entreprises africaines et internationales, financiers d'infrastructures, marchés de capitaux et gouvernements. 

 Les étapes ultérieures du cycle du projet seront menées par le deuxième niveau : le secteur d'activité de financement de projet. Lors de cette étape, Africa50 se concentrera sur la prestation de services, comme par exemple le financement de transition, les prêts bancaires et les rehaussements de crédit ainsi que des opportunités de sortie et de refinancement, en fournissant ainsi une plateforme pour le recyclage de capitaux pour certains acteurs afin qu'ils soient en mesure d'investir dans de nouveaux actifs. 

Il est essentiel de comprendre que le fonds Africa50 n'agira pas seul et que l'un des services cruciaux qu'il fournira sera celui de promoteur et de conseiller principal ; il représentera le conducteur   qui maintient un projet en s'assurant de la collaboration des principaux acteurs…” 

ICA :  Qui sont les investisseurs ?
Tas Anvaripour :  “…La Banque africaine de Développement est le principal investisseur dans le fonds Africa50. Parmi les autres investisseurs de départ, on trouve les gouvernements africains et les investisseurs institutionnels africains, toutefois, Africa50   a conçu des stratégies afin d'attirer des ressources non traditionnelles dans le futur, telles que   les banques centrales, les fonds souverains, les fonds d'épargne-retraite ainsi que d'autres réserves de ressources en Afrique et ailleurs -- bien que le fonds Africa50 vise une capitalisation à moyen terme d'un montant de 3 milliards de dollars américains, il est prévu que ce montant soit augmenté à environ 10 milliards de dollars dans la mesure où Africa50 est conçu pour supporter des investissements à grande échelle en amortissant ses fonds propres de manière rentable. L'indice de solvabilité ciblé “Single A” joue un rôle essentiel dans la tarification de l'emprunt et permettra à ce véhicule d'atteindre le taux d'amortissement approprié, au minimum à 2 ou 3 reprises. Il cherchera également à attirer les banques centrales et les investisseurs institutionnels pour les obligations qui seront émises. De manière traditionnelle, les banques centrales sont disposées à prendre des risques quant aux investissements de leurs réserves de devises -- par conséquent, en exploitant la dette internationale et les marchés obligataires pour amortir ses fonds propres, Africa50 espère atteindre une capacité de financement totale d'environ 10 milliards de dollars américains. 

D'après la vaste expérience de l'équipe dans le secteur privé des infrastructures en Afrique, pour chaque dollar investi, Africa50 espère attirer 9 dollars du financement du secteur privé. De cette manière, une enveloppe d'un montant total de 10 milliards de dollars américains peut être utilisée pour financer des projets d'un coût total de 100 milliards de dollars…” 

ICA :  Vous avez mentionné que le fonds Africa50 réalisait un retour commercial et avait un 'impact' dans la consolidation de l'Afrique.   Quelle est l'importance de ce triple résultat final pour le secteur privé ?
Tas Anvaripour :  “…  Je suis ravie que vous posiez cette question.  De plus en plus d'entreprises se concentrent sur la responsabilité sociétale et sont à la recherche d'investissements durables –il existe un nouveau créneau qui répond à leurs besoins –par le biais des opérations réalisées par le fonds Africa50.  Africa50 offre une opportunité réelle d'investir dans un avenir durable pour l'Afrique – et dans la mesure où Africa50 investit actuellement dans des projets d'infrastructures qui présentent un impact catalyseur, tout investisseur au sein de ce véhicule peut être assuré d'un rapport sur une initiative qui contribuera à améliorer des vies. Pour supporter ce rapport. Africa50 développe actuellement un système de mesure d'impact qui sera inestimable pour les investisseurs. 

Encore une fois, Africa50 est un véhicule commercial à but lucratif.   En Afrique, les projets d'infrastructures bien structurés ont produit des retours de projet à hauteur de 18 % en moyenne au cours de la dernière décennie. Les projets inhérents à la production d'énergie ont été soutenus par des contrats d'achat à long terme et ne sont pas sujets au risque marchand. Le risque inhérent à la demande pour les projets de transports s'est souvent avéré être inférieur à ce qui était escompté, avec une situation réelle excédant les projections initiales ; tandis que certains projets présentent des flux de trafic garantis par une entité publique. 

L'infrastructure se révèle être une classe d'actif attrayante sur le continent, et reçoit, à juste titre, une attention croissante de la part des investisseurs du secteur privé, par conséquent, le fonds Africa50 est parfaitement synchronisé …” 

ICA :  De quelle manière Africa50 collabore-t-il avec le programme PIDA ?
Tas Anvaripour :  “…  Africa50 travaille en étroite collaboration avec PIDA -  même si, certains projets doivent être développés et financés selon une approche opportuniste, afin de garantir la rentabilité du portefeuille du fonds Africa50 pendant les deux premières années, mais, encore une fois, les projets inhérents au programme PIDA constituent une forte proportion des projets en cours de développement…” 

ICA :  Quelles sont vos priorités absolues pour l'année prochaine ?
Tas Anvaripour :  “… J'en ai beaucoup … clôturer la première vague de collecte de fonds de la part de fondateur. Dans la mesure où des objectifs inhérents au taux d'endettement et aux liquidités sont nécessaires, Africa50 nécessite un capital versé à hauteur de 3 milliards de dollars américain sur la période 2014-16 -- et ceci constitue notre ‘cible facile’.  Réaliser l'investissement commercial de financement de projet initial – transmettre un signal clair au marché indiquant qu'Africa50 est opérationnel et exploitable au niveau commercial.  Établir un solide portefeuille de développement de projets, qui contribuera à créer un flux régulier de projets rentables arrivant sur le marché, et une alimentation ultérieure du secteur d'activité de financement de projets…” 

ICA :  Comme vous le savez, les membres de l'ICA sont engagés dans le développement d'infrastructures durables en Afrique.   Y-a-t-il un élément spécifique que vous souhaitez leur communiquer ?
Tas Anvaripour :  “…L'approche à deux niveaux mise en œuvre par Africa50 va contribuer à modifier le marché des infrastructures en Afrique. En utilisant son secteur d'activité de développement de projets, Africa50 est conçu pour livrer les projets transformateurs à grande échelle dont l'Afrique a besoin de manière durable en termes de commerce et de développement. Le continent disposera d'un solide portefeuille de projets rentables prêts à être financés. De la même manière, grâce à l'utilisation du secteur d'activité de financement de projets, il sera désormais possible d'exploiter les fonds nécessaires au financement de ces projets et de garantir une livraison de projet dans les délais. 

Une collaboration avec l'ICA sera essentielle afin de rationaliser le cycle de projet, par le biais d'initiatives d'atténuation, en encourageant les réformes d'investissement du secteur privé, en soutenant les infrastructures légères (comme par exemple les postes frontières à guichet unique) et grâce à une cartographie des investissements réalisés dans les infrastructures africaines. Les membres de l'ICA offrent une perspective inestimable sur le fonds Africa50, et grâce à vos compétences renommées en matière de convocation, je serais en mesure d'envisager de quelle manière nous pourrions collaborer sur des éléments tels que l'organisation d'ateliers et de conférences.  Nous envisageons également de collaborer avec l'ICA afin de fournir des informations indispensables relatives aux investissements du secteur privé dans les infrastructures en Afrique…”

In late May, Ms. Neside Tas Anvaripour, Director of Africa50 sat down with the ICA in Tunisia  to talk about this new finance vehicle. Her detailed account of the massive effort to create Africa50 is a reflection of the hope and determination of a vast array of stakeholders for sustainable infrastructure investments on the continent.

ICA: Could you tell us how Africa50 was born?
Anvaripour: “… Thank you for this interview. It is very timely.  As you know, Africa's infrastructure  needs  are enormous.   It’s estimated that Africa needs to spend  about US$100 billion per annum  on  transport, energy,  and water projects.   At the moment  less than  half of this  is  being met through traditional resources; government budgets and donor backed agencies --with very little from the private sector -- leaving  a huge gap.   Addressing this substantial gap has been  a challenge. As The African Development Bank, we had to think creatively about a new approach  to ensure new sources of funding – a new way of doing business which addresses the shortcomings of Business-as-Usual.

The African Infrastructure Gap is a widely agreed-upon issue and strategies have been devised to address it.  To give a bit of history -- back in  January of  2012,  the African Union and the NEPAD Heads of State agreed on a declaration for the Program for Infrastructure Development in Africa (PIDA).   As most of your readers know, PIDA is  a program for accelerated infrastructure development and enhanced regional integration in Africa.  At the  African Development Banks’  annual meeting  in Marrakech  in May 2013,  we were formally mandated by  Governors of the Bank to develop a concept for an infrastructure delivery vehicle that will accelerate the implementation of the PIDA program. We immediately embarked on a series of discussions  with Regional Economic Communities, regional development banks and governments – [while] receiving overwhelming support and work on the design of Africa50.


The name of Africa50 not only symbolizes the promise for Africa's next fifty years, but also celebrates the fiftieth anniversary of both the AU and the  African Development  Bank…”


ICA: Africa50 is the creation of the African Development Bank, Is it going to operate as part of the Bank?   
Anvaripour: “…Africa50  was designed and developed  by the African Development Bank,  however it will operate as a standalone vehicle with financial and legal independence from the African Development Bank.      
The African Development  Bank  has a strong track record in delivering innovative solutions to address market challenges in Africa, for example the creation of  Afreximbank  in 1993, and the African Legal  Support Facility in 2008.  In addition, the Bank is the continent's premier development organization, and a key player in the African infrastructure market; having committed close to USD$50 billion to infrastructure over the last 50 years; which has leveraged hundreds of billions of both public and privately sponsored infrastructure investment  – so there was really no better place for Africa50 to have been designed and developed. In  order to achieve sustainable growth in Africa, a backbone of sustainable infrastructure is essential.  Our experience and market knowledge throughout the continent tells us that business-as-usual needs to be challenged and a new approach must be adopted – a commercial strategy which will attract new sources of financing and a new way of building and operating infrastructure assets.

The goal for Africa50 is to be incorporated as a separate entity – managed as a corporation in line with best practices and to be seen by the market as a solution  for  Africa’s infrastructure challenges. In order to stimulate the market, the African Development Bank, African Governments and African Institutions will serve as founding investors to Africa50.  The collective strength and stability of these institutions will boost confidence in the international, institutional and private investment sectors…”

ICA: Africa50 has been described as a  ‘one-stop-shop’  for investors.   Could you describe why Africa50 is designed as a "one-stop-shop"?
Anvaripour: “…  Africa50 is a needs-driven solution to the current financing gap in the infrastructure market in Africa.  Africa50's uniqueness lies in delivering bankable, transformational projects to the market, championing a triple bottom line of solid investment returns, development impact through fast delivery of infrastructure projects and creating business opportunities for the African and International business community.


Infrastructure projects are complicated: they involve many players with different interests – so before Africa50 was designed we conducted a comprehensive market and investor scoping activity which assisted us in designing Africa50’s business model.  We looked at the operating strategies of all financial institutions in the African infrastructure market today. A SWOT analysis identified success factors and shortcomings of their operating strategies.  We noted that they have been constrained by balance sheet size, geographic focus, risk appetite, long  processing times because of cumbersome procedures – hence impact of their operations is limited.


Our market analysis coupled with our strong track record, experience and knowledge of the African infrastructure space, suggested there is a need for a platform that accompanies  projects from idea to implementation; bringing in appropriate players as needed in different stages of a project cycle.

The “one-stop-shop” approach was a result of this analysis and is a reference to the way Africa50 will participate in project delivery at all stages of the project cycle. We describe this through our two-tiered approach; the Project Development Business Line and the Project Finance Business Line.

The Project Development Business Lines will focus on facilitating the development of early stage projects. On the African continent, project development can amount to 10-12% of total project cost and insufficient resources have focused on this crucial stage. Governments do not have financial and human resources to develop projects to a level that could be offered to the private sector -- and  the number of private investors who are ready to take-on early project risk is limited -- and they cannot operate fast since they have limited convening power with governments and government agencies involved. The project preparation facilities hosted by development finance institutions are donor funded.  Replenishment of these facilities is limited and they mostly focus on feasibility studies and early technical designs. Taking a project from feasibility study to bankability requires immense capital. In 2010, roughly US$80 million was allocated to project preparation while annual project development costs  projected  for the PIDA amount to USD $2.5 billion per year.  Africa50 will address this gap and will co-develop projects  from  an early  stage; ensuring projects reach bankability. This approach will not only bring projects to bankability, but [will] also increase the number of projects that reach bankability—hence, [Africa50] will create business opportunities for everyone: African and international businesses, infrastructure financiers, both debt and equity and governments.


The later stages of the project cycle will be led by the  second tier: the Project Finance Business Line. At this stage Africa50  will focus on providing services such as bridge finance, senior loans and credit enhancements as well as refinancing and exit opportunities hence providing a platform for recycling of capital for certain players for them to invest in new assets.

It is essential to understand that Africa50 will not be acting alone and one of the crucial services it will provide is to be a key advisor and promoter; it will be the  driver  that holds a project together by ensuring  key players collaborate…”

ICA: Who are the investors?
Anvaripour: “…The African Development Bank  is  the  cornerstone investor in Africa50. Other early investors are African Governments and African institutional investors, however Africa50   devised strategies to attract non-traditional resources in the future such as   central banks, sovereign wealth funds, pension funds and other pools of resources within and outside Africa -- .although Africa50 is targeting a medium term capitalization of USD$3 billion, it is intended that this will be scaled up to around USD$10 billion since Africa50 is designed to support large scale investments by leveraging its equity base in a cost effective manner. The targeted credit rating of “Single A” plays an important role in the pricing of the borrowing and will allow this  vehicle to achieve the appropriate level of leverage, of a minimum 2-3 times. It will also seek  to  attract central banks and institutional investors for the bonds it will issue. Traditionally, central banks are risk averse with regard to investments of their foreign exchange reserves  -- so  by tapping international debt and bond markets to leverage its equity base Africa50 expects to achieve to a total financing capacity of around USD$10 billion.

From the team’s extensive experience in the Africa Infrastructure private sector, for every dollar invested, Africa50 anticipates attracting USD$9  dollars  of private sector finance. In this way, a total envelope size of USD10 billion can be used to finance projects of a total cost of USD 100 billion…”

ICA: You’ve mentioned Africa50 as making a commercial return as well as an ‘impact’ in building Africa.   How is that triple bottom line important to the private sector?
Anvaripour: “…  I am glad you asked this question.  As more and more companies are focusing on corporate social responsibility and are in search of sustainable investments –there is a new niche to meet their need –through Africa50’s operations.  Africa50  offers a real opportunity to invest in a sustainable future for Africa – and since Africa50 is investing in infrastructure projects that have a catalytic impact, any investor in this vehicle can feel confident reporting on an initiative that will improve lives. To support this reporting. Africa50 is developing an impact measurement system that will be invaluable to investors. 

Again, Africa50 is a  profit-driven commercial vehicle.   In Africa, well-structured infrastructure projects have  yielded project returns on average of 18% over  the past decade. Power generation projects have been  backed by long-term power purchase agreements and  are not prone to merchant risk. Demand risk on transport  projects has often proven to be lower than expected,  with actual traffic exceeding initial projections; while  some projects have traffic flows guaranteed by a public entity.

Infrastructure is revealing itself as an attractive asset class on the continent, and is deservedly receiving increasing attention from private sector investor, so  Africa50 is perfectly timed …”

ICA: How is Africa50 working with PIDA?
Anvaripour: “…  Africa50 is working in very close collaboration with PIDA  -  although, some projects are to be developed and financed on an opportunistic approach, to ensure the profitability of the Africa50 portfolio in the first couple of years,  but again,  PIDA projects make up a strong proportion of the pipeline for project development…”

ICA: What are your top priorities for the next year?
Anvaripour: “… Plenty … to  close the first wave of fundraising of the Founder’s Equity. Given targets for gearing and liquidity required, Africa50 shall require paid-in capital in the range of USD$3 billion over 2014-16 -- and so this is our ‘soft target’.  To make the initial Project Finance Business Line investment – sending a clear signal to the market that Africa50 is operational and ready for business.  To establish a strong pipeline of Project Development projects, which will create a steady flow of bankable projects coming to the market, and later feeding into the Project Finance Business Line…”

ICA: As you know, the ICA members are committed  to  sustainable infrastructure development in Africa.   Is there anything special you would like to convey to them?
Anvaripour: “…Through the two tier approach of Africa50, the Infrastructure marketplace in Africa will change. Using its Project Development Business Line, Africa50 is designed to deliver the large scale, transformative projects that Africa needs in a commercially and developmentally sustainable way. The continent will have a robust pipeline of bankable projects ready for financing. Similarly, using the Project Finance Business Line, it will now be possible to leverage the necessary funds to finance these projects and ensure timely project delivery.

Collaboration with the ICA will be crucial to streamlining the project cycle, through risk mitigation initiatives, championing of private sector investment reforms, supporting soft infrastructure (such and one-stop-border-posts) and the mapping of African Infrastructure Investment. The ICA members offer an invaluable perspective on Africa50, and with your well-known convening skills, I could envision how we may collaborate on things like workshops and conferences.  We also intend to work with the ICA to provide much needed information on private sector investment in African infrastructure…”


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