Ressources hydrauliques: L'Afrique croît en l'avenir de la biotechnologie

10 janvier 2014

MAP

Des experts ont plaidé, mercredi à Marrakech, pour la promotion de la biotechnologie dans le traitement des eaux usées en Afrique, une technique écologique et peu coûteuse qui est susceptible de contribuer à résoudre les problématiques de l'assainissement, de l'alimentation en eau et permettre le recyclage de cette ressource vitale en proie à l'amenuisement.
 


Réunis dans le cadre de la deuxième conférence internationale sur «La Biotechnologie pour l'alimentation durable en eau de l'Afrique» qui s'inscrit dans le cadre du projet «WATERBIOTECH» financé par l'Union européenne, près de 150 experts de 17 pays d'Europe et d'Afrique vont décliner à Marrakech les résultats et les recommandations de deux ans de recherches et de coordination en matière de promotion de la biotechnologie en Afrique.
 


«Cette conférence est un évènement de clôture du projet «WATERBIOTECH» qui a démarré il y'a deux ans. Il s'agit de permettre à 150 experts de 17 pays membres du projet de faire le point sur deux ans de travaux et échanger sur les recommandations à faire pour une stratégie d'implantation des techniques de la biotechnologie pour le traitement des eaux en Afrique», explique le Pr. Leila Mandi, directrice du Centre national d'études et de recherches sur l'eau et l'énergie de l'Université Cadi Ayyad et présidente de la conférence.
 


La rencontre de Marrakech est l'occasion de débattre des résultats du projet «WATERBIOTECH», d'examiner les besoins et les contraintes pour l'usage de la biotechnologie dans les pays africains, et d'identifier les techniques les mieux adaptés aux différents contextes africains, a-t-elle dit.
 


Il s'agit de proposer des solutions simples, efficaces, peu coûteuses et rentables pour les pays africains, a-t-elle précisé, ajoutant que le Maroc dispose d'une remarquable expérience à partager en matière de biotechnologie et particulièrement la technique de lagunage.
 


«Malgré l'intérêt économique et écologique de la biotechnologie, il y'a un manque d'information concernant ces techniques auprès des décideurs et responsables africains du secteur de l'eau. Le «WATERBIOTECH» ambitionne de promouvoir cette solution et un guide a été élaboré à cet effet dans le cadre de ce projet afin d'aider les décideurs africains à choisir la technique la plus appropriée au contexte locale», 
 


Dans une déclaration à la MAP, Sami Sayadi, expert du Centre de biotechnologie de Sfax (Tunisie), met en avant l'intérêt écologique de la biotechnologie. C'est une technique verte basée sur l'utilisation de micro-organismes (bactéries, champignons, plantes) pour dépolluer les eaux sans recours à des produits chimiques ou autres procédés énergivores, explique-t-il.
 


Les micro-organismes agissent comme des bio-restaurateurs de l'environnement aquatique en dégradant de façon naturelle les polluants de l'eau, ajoute-t-il, précisant que la simplicité des techniques (comme le lagunage des eaux) et le bas coût de réalisation font de la biotechnologie une des meilleures options pour les pays africains où l'effort d'investissement et le besoin de hautes compétences constituent les principaux obstacles aux projets de développement, affirme Sayadi.
 


Dans le cadre du projet «WATERBIOTECH», «nous avons proposé les techniques de biotechnologie les mie ux appropriées pour le traitement et le recyclage des eaux usées pour les pays de la région du Maghreb», a-t-il souligné, faisant savoir que cette plate-forme internationale permet également d'apporter les solutions les mieux adaptées aux pays d'Afrique subsaharienne où l'enjeu de la maîtrise de l'eau revêt une importance de premier ordre.
 


D'après la note de présentation de la conférence, le continent Africain fait face à de sérieuses difficultés pour fournir de l'eau potable à ses populations. Beaucoup de pays africains sont loin de réaliser ainsi les Objectifs de développement du Millénaire, notamment la réduction de moitié de la proportion de la population n'ayant pas accès à l'eau potable d'ici 2015. Ces pays rateront également l'objectif qui stipule, qu'à cette date, la proportion de la population qui n'a pas d'accès à un système sanitaire doit être réduite de 50%. 
 


La pauvreté est répandue en Afrique et bien que ce continent s'urbanise rapidement, la majorité de sa population reste rurale et sa vie basée sur l'agriculture. Dans l'Afrique Subsaharienne, 69 pc de la population n'a aucune installation sanitaire appropriée, alors que 40 pc n'a aucun accès à l'eau potable. Le manque d'assainissement est une cause principale de maladies d'origine hydrique : les épidémies de choléra sont un risque important dans les zones avec un taux élevé de population et un système d'assainissement insuffisant.
 


Le projet «WATERBIOTECH» est une initiative qui vise à contribuer à faire face à la pénurie de l'eau en Afrique en permettant l'accès au savoir-faire en biotechnologies et les technologies de traitement des eaux usées. L'application des biotechnologies, qui font appel à des micro-organismes pour dépolluer les eaux, peuvent constituer des solutions efficaces pour résoudre le problème de la pollution des eaux en Afrique et améliorer la qualité de vie de ses populations.
 


Au programme de cette rencontre figurent divers thèmes portant notamment sur «les biotechnologies pour le traitement et la réutilisation des eaux usées dans le contexte africain», «Les besoins et expériences pratiques dans le traitement et la réutilisation des eaux usées en Afrique», &laq uo;L'exploitation et maintenance liés aux biotechnologies pour le traitement de l'eau et sa réutilisation», «L'efficacité énergétique et traitement des eaux usées» et «Les politiques de traitement des eaux usées».


Catégories: Eau

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