Commerce régional de l'énergie

L’Afrique subsaharienne recèle d’abondantes ressources hydroélectriques et thermiques – mais seule une infime partie de ce potentiel de production d’électricité a été mise en valeur. Sur les 48 pays que compte l’Afrique subsaharienne, 21 ont une capacité de production inférieure à 200 MW, – nettement inférieure à l’échelle d’efficacité minimum – ce qui signifie qu’ils paient un lourd tribut : les coûts atteignent 0,25 $ EU par KW, soit le double du coût des systèmes électriques les plus importants de la région.

L’une des raisons qui expliquent cet état de fait est que les ressources énergétiques les plus économiques de la région sont trop éloignées des principaux centres de demande et sont situées dans des pays trop pauvres pour mobiliser les milliards de dollars nécessaires pour leur mise en valeur. Par exemple, 61 % du potentiel hydroélectrique de la région sont situés dans deux pays – la République démocratique du Congo et l’Éthiopie.

La mise en commun des ressources énergétiques dans le cadre du commerce régional de l’électricité permettrait de réduire les coûts de l’électricité. Les pools énergie de l’Afrique australe, de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique centrale, créés essentiellement pour soutenir les efforts d’échanges d’électricité, sont à différents niveaux de développement. Pour peu qu’ils mettent pleinement à profit les potentialités économiques, le commerce régional permettrait de réduire les coûts d’exploitation annuels et d’extension des réseaux électriques de 2 milliards de $ EU par an – soit environ 5 % des coûts totaux des systèmes électriques. 

Les économies proviendraient essentiellement de la substitution de l’hydroélectricité à l’électricité thermique, qui se traduirait par une réduction considérable des coûts d’exploitation, bien que ceci nécessite un investissement initial plus important pour l’hydroélectricité à haute intensité de capital et le transport transfrontalier connexe. La rentabilité du transport transfrontalier pourrait atteindre 120 % pour le pool énergie de l’Afrique australe et, d’une manière générale, plus de 20 % à 30 % pour les autres pools énergie. En augmentant la part de l’hydroélectricité, le commerce régional permettrait d’économiser également 70 millions de tonnes d’émissions de carbone par an.

Dans le cadre du commerce régional de l’énergie, quelques grands pays exportateurs pourraient approvisionner un grand nombre d’importateurs d’électricité. La République démocratique du Congo, l’Éthiopie et la Guinée seraient les principaux exportateurs d’énergie hydroélectrique. Jusqu’à 16 pays auraient tout à gagner (d’un point de vue purement économique) en satisfaisant plus de la moitié de leurs besoins d’électricité par le truchement du marché régional. Les économies oscillent entre 0,01 $ EU et 0,07 $ EU par kilowattheure. S’agissant des petits pays qui ne disposent pas de ressources hydroélectriques nationales, le coût de la construction des lignes de transport transfrontalier serait amorti en moins d’une année, une fois que les pays voisins auraient créé suffisamment de capacité de production pour assurer les échanges. 

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