Énergie

Les problèmes énergétiques chroniques de l’Afrique minent la croissance économique et la productivité. La capacité de production d’électricité de la région est limitée, le taux d’électrification et la consommation d’énergie sont faibles, tandis que les services sont peu fiables et les coûts élevés. 

La capacité de production de l’Afrique est très insuffisante. La capacité de production installée de toute l’Afrique subsaharienne, qui compte 48 pays, s’élève à 68 GW ; celle-ci ne dépasse guère celle d’un pays comme l’Espagne. Jusqu’à un quart de cette capacité n’est pas disponible, du fait du vieillissement des centrales électriques et du manque d’entretien. 

Seul environ un cinquième de la population d’Afrique subsaharienne a accès à l’électricité. Selon les tendances actuelles, moins de 40 % des pays africains atteindront l’objectif de l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2050. 

Le coût de production de l’électricité en Afrique est exceptionnellement élevé et ne cesse d’augmenter. La taille modeste de la plupart des réseaux électriques nationaux et la dépendance généralisée de la production onéreuse d’électricité à partir du pétrole rend le coût moyen de la production extrêmement élevé en Afrique. 

La consommation d’électricité est très faible et est en baisse. La consommation d’électricité par habitant en Afrique subsaharienne (hormis l’Afrique du Sud) ne s’élève en moyenne qu’à 124 kilowattheures par an, soit à peine 1 % de la consommation typique d’un pays à revenu élevé. Les pénuries d’électricité rendent les services encore moins fiables.

Le secteur privé paie un lourd tribut à l’insuffisance de l’alimentation en électricité, les coûts économiques des délestages étant prohibitifs. De nombreuses entreprises africaines souffrent de délestages fréquents et, dans beaucoup de pays, les groupes électrogènes de secours représentent une partie substantielle de la capacité totale installée pour la production d’électricité. 

Besoins de financement dans le secteur de l’électricité

Afin de résoudre les problèmes chroniques d’électricité en Afrique, il sera nécessaire d’effectuer d’importants investissements dans la réfection et l’extension de l’infrastructure électrique. Les besoins de dépenses totaux du secteur de l’électricité sont estimés à 40,6 milliards de $ EU par an, soit 6,4 % du PIB du continent. 

Les dépenses actuelles du secteur de l’électricité s’élèvent à 11,6 milliards de $ EU, couvrant un peu plus du quart des besoins. Ces dépenses représentent 1,8 % du PIB du continent, bien que dans les pays à faible revenu non fragiles, cette part atteigne 2,9 % du PIB. 

Les ressources disponibles pourraient produire davantage d’énergie, si le secteur fonctionnait de manière plus efficace. Pallier les inefficacités liées à l’exploitation des sociétés d’électricité permettrait de réduire le déficit de financement estimé à 3,3 milliards de $ EU par an ; l’amélioration du recouvrement des coûts assurerait un montant supplémentaire de 2,2 milliards de $ EU par an ; et 0,3 milliard de $ EU par an pourrait être récupéré grâce à l’amélioration de l’exécution du budget d’équipement. Même si toutes ces inefficacités étaient éliminées, il persisterait un important déficit de financement dans le secteur de l’électricité, estimé à 23 milliards de $ EU par an. Les trois quarts de ce déficit de financement seraient liés aux dépenses d’équipement, tandis que le quart restant concernerait les dépenses d’exploitation et d’entretien. 

(Source : AICD)

Engagements dans le secteur de l’énergie, par région

Avec une augmentation de 75 % en 2009 par rapport à 2008, le secteur de l’énergie a enregistré l’accroissement le plus important des engagements des membres de l’ICA, recevant 6,3 milliards de $ EU. Ce bond s’explique, pour l’essentiel, par l’augmentation massive des dépenses en Afrique du Sud – sept fois plus élevées qu’en 2008. La moitié des contributions totales dans le secteur de l’énergie, soit 3,7 milliards de $ EU, concernait l’Afrique du Sud en 2009. L’Afrique de l’Ouest a affiché également une hausse sensible, avec un triplement des engagements entre 2008 et 2009, atteignant 1,6 milliard de $ EU.

Après une augmentation sensible en 2008, la part de l’Afrique du Nord a reculé, passant de 1,8 milliard de $ EU à 362 millions de $ EU. Les parts de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Est sont demeurées pratiquement au même niveau que l’année précédente.

D’une manière générale, la BAD et la Banque mondiale sont les principaux bailleurs de fonds du secteur de l’énergie, leurs engagements respectifs en 2009 s’élevant à 3,6 milliards de $ EU – dont 2,8 milliards de $ EU en faveur de l’Afrique du Sud – et 1,8 milliard de $ EU. Ces deux institutions représentent ensemble 85 % des engagements totaux dans le secteur.

Chart showing Sources of ICA Funding to the Energy Sector by Region 2006 to 2009

(Source: ICA Annual Report 2009)

 

Source ICA. For the latest figures on all sectors, consult the 2010 ICA Annual Report.

 

Etudes de cas

Énergie : Projet de centrale hydroélectrique de Bujagali

La performance macroéconomique de l’Ouganda est menacée par une grave crise électrique qui affecte son taux de croissance économique. En 2006, seuls 5 % de la population avaient accès à l’électricité, soit l’un des plus faibles taux de consommation d’électricité par tête d’habitant au monde.

 

 


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