Twitter: les leaders africains parmi les plus interactifs au monde

1 août 2013

Jeune Afrique

Les dirigeants africains utilisent de plus en plus les réseaux sociaux, et certains de "manière exemplaire", selon les auteurs d'une étude sur l'activité des dirigeants mondiaux sur Twitter. Parmi les "bons élèves" du continent, le Premier ministre ougandais, Amama Mbabazi, et le président rwandais, Paul Kagamé.

Sur Twitter, le leader le plus interactif au monde est africain. Il s'appelle Amama Mbabazi. Plus fort que Barack Obama, le Premier ministre ougandais utilise essentiellement le réseau social pour échanger avec les internautes : 96 % de ses tweets sont constitués de réponses à d'autres twittos.

Un « exemple éloquent de la manière dont les dirigeants du monde peuvent interagir directement avec leurs électeurs » sur le réseau social, souligne Twiplomacy 2013, une étude de l'agence américaine Burson-Marsteller sur l'utilisation de Twitter par 505 dirigeants internationaux (chefs d'État, Premiers ministres, chefs de la diplomatie, leaders religieux, ...).

Sur le site de micro-blogging, Amama Mbabazi ne manque pas d'occasion pour défendre la position de l'Ouganda. L'une des meilleures illustrations de son activité sur Twitter  remonte à 2012. Lorsque les célébrités mondiales - Bill Gates, Justin, Bieber, Lady Gaga, Rihanna, Oprah Winfrey - s'impliquent pour relayer la campagne virale « Kony 2012 », le chef du gouvernement ougandais n'hésite pas à contre-attaquer avec le hashtag #KonyisntinUganda (Kony n'est pas en Ouganda). Il interpelle même chacune de ces stars pour les inviter à venir visiter son « merveilleux pays ».

"Spécificité" des leaders africains
Avec respectivement 88 % et 82 % de tweets sous forme de réponses à d'autres utilisateurs, Paul Kagamé, le président du Rwanda, et Louise Mushikiwabo, la chef de la diplomatie du même pays, figurent également dans le top 5 des leaders mondiaux qui « ont de la tchatche » sur Twitter. Aux côtés de Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères et de Rafael Correa, le président équatorien.

« C'est une spécificité de certains leaders africains d'utiliser Twitter uniquement pour des échanges directs avec leurs abonnés et toute personne désireuse d'entrer en contact avec eux », commente Matthias Lüfkens, directeur de l'expertise digitale de Burson-Marsteller.

Et dans ce domaine, « le président rwandais Paul Kagamé ne mâche pas ses mots, poursuit le spécialiste. Il y a quelques jours il a violemment réfuté les accusations de Human Rights Watch reprises sur Twitter par l'actrice américaine Mia Farrow selon lesquelles les rebelles soutenus par le Rwanda auraient exécuté 44 personnes dans l'est de la RDC », souligne le spécialiste.

Mali connexion
Visiblement, « les citoyens veulent de plus en plus entrer en contact avec leurs dirigeants sur Twitter, mais il est cependant étonnant de constater que les comptes ayant le plus grand nombre d'abonnés sont ceux qui ont le moins d'interactions avec les autres utilisateurs » sur le site au petit oiseau bleu, regrette Matthias Lüfkens.

Dirigeant le plus suivi de la planète - 34 576 305 followers au 29 juillet 2013 -, Barack Obama, par exemple, « n'a jamais répondu à une personne et mentionne rarement les autres utilisateurs de Twitter », relève l'étude.

Contrairement aux apparences, le président américain n'est pas non plus le dirigeant le plus connecté avec ses pairs : il se contente de deux connexions mutuelles (avec le Premier ministre norvégien Jens Stoltenber g et le chef du gouvernement russe Dmitry Medvedev) alors que 148 leaders mondiaux le suivent sur le réseau social.

Sur le continent, @PresidenceMali est le compte mieux connecté sur Twitter : 12 connections mutuelles avec d'autres institutions et leaders en Afrique et dans le monde. Il suit et est suivi entre autres par l'Élysée, le président sénégalais Macky Sall, la présidence du Burkina Faso ainsi que celles de la Côte d'Ivoire et de la Guinée, le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg, le gouvernement rwandais et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

En terme de connectivité, la présidence malienne dévance donc Urugwiro village, le palais présidentiel du Rwanda (8 connections), le ministère éthiopien des Affaires étrangères(7), le gouvernement rwandais (6) et la présidence burkinabè (4). « Twitter a permis ainsi à des États comme le Mali, la Sierra Leone, le Soudan du Sud et la Somalie, à s´affirmer au niveau mondial et de tweeter d'égal à égal avec d'autres hommes politiques plus influents » sur la Toile, explique Matthias Lüfkens.

Car concernant le nombre de followers, ce sont bien des politiques qui continuent à caracoler en tête. Malgré sa destitution par l'armée le 3 juillet, Mohamed Morsi reste la personnalité publique africaine la plus populaire sur Twitter. L'ancien président égyptien compte plus de 1 845 000 millions de followers, loin devant Jacob Zuma, désormais le chef d'état africain le plus suivi sur Twitter.

Mais avoir plus d'abonnés ne signifie pas forcément être le plus actif. À l'aide de son Blackberry, la chef de la diplomatie kényane, Amina Mohamed, qui a rejoint le réseau social le 25 avril seulement, détient déjà le meilleur score en termes d'activité sur Twitter : 12, 2 tweets en moyenne par jour. Son homologue éthiopien (8,5) et le gouvernement rwandais (8,4) se retrouvent également sur le podium africain.

L'étude Twiplomacy 2013 note également qu'aujourd'hui, 71% des leaders africains sont présents sur Twitter. « Mais certains dirigeants du continent utilisent de plus en plus le réseau social uniquement à des fins électorales et leurs comptes s´arratent une fois élus », se désole Matthias Lüfkens.

Article original par Trésor Kibangula


Catégories: TIC

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