l'Eau
Approvisionnement en eau et assainissement
Au rythme actuel, l’Afrique subsaharienne n’atteindra pas les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) visant à réduire de moitié, à l’horizon 2015, le nombre de gens n’ayant pas accès à l’eau potable et à l’assainissement, ce qui touche une génération entière en ce qui concerne l’eau potable et plus de deux générations en ce qui concerne l’assainissement.
L’approvisionnement en eau potable et l’assainissement (AEA) cherchent à répondre aux besoins des populations là où elles résident. L’accent est donc mis sur l’accès à l’eau en termes de quantité, de qualité et d’accessibilité à un prix abordable, et sur le traitement des eaux usées. Selon les résultats préliminaires de l’étude AICD, les besoins en investissements ressentis au sein du secteur de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement en Afrique s’établissent à 10 milliards de dollars par an sur les 10 prochaines années – un quart pour les dépenses d’équipement et trois quarts pour les charges d’exploitation et de maintenance.
Approvisionnement en eau
L’Afrique subsaharienne est la région du monde où, sur la période 1990-2004, le nombre de gens n’ayant pas accès à l’eau potable a augmenté de 23 %. C’est la conclusion à laquelle est parvenue une étude exhaustive menée par l’UNICEF et l’OMS, qui avait pour but d’évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des OMD portant sur l’accès à l’eau.
Bien qu’en Afrique subsaharienne l’accès à des sources améliorées d’eau ait été renforcé de 7 % sur la période 1990-2004, le nombre réel de gens sans accès à l’eau potable provenant d’une source améliorée a augmenté de près de 60 millions – ce qui trouve son explication dans l’absence d’investissements dans de nouvelles infrastructures et la croissance démographique. Une étude récemment menée sur la couverture en matière d’eau potable et d’assainissement montre que seulement 56 % de la population subsaharienne a accès à l’eau potable – ce qui laisse près de 340 millions sans aucun accès.
Le tableau est mitigé à travers le continent, certains pays réalisant de meilleurs progrès que d’autres – en général, les zones rurales restent à la traîne des zones urbaines en matière d’accès à l’eau potable. Davantage d’efforts sont requis en vue d’atteindre les populations rurales non desservies et de réduire les risques sanitaires associés à l’absence d’infrastructures améliorées d’approvisionnement en eau potable dans ces zones.
En Afrique, des millions de femmes et d’enfants peuvent parcourir quotidiennement de longues distances à la recherche de l’eau, ce qui constitue à la fois un fardeau physique pour les femmes et un fardeau économique pour les pays concernés dans la mesure où les femmes, lorsqu’elles assurent la corvée de l’eau, sont soustraites aux activités productives ; quant aux enfants, ils ratent l’éducation qui leur est si indispensable
Tableau: Couverture de l’approvisionnement en eau en 1990 et 2004 en Afrique subsaharienne
Source: WHO/UNICEF JMP, 2006
Mettre en place des politiques rationnelles, consentir de nouveaux investissements dans des infrastructures hydrauliques, assurer le recouvrement des factures d’eau, et l’efficacité des exploitants sont des facteurs de réussite communs à ceux des pays qui sont le plus en avance en matière d’atteinte des OMD en matière d’accès à l’eau.
Tableau: Couverture de l’assainissement en 1990 et 2004 en Afrique subsaharienne
Source: WHO/UNICEF JMP, 2006
Assainissement
Selon les conclusions tirées par l’étude AICD, la quasi-totalité des pays de l’Afrique subsaharienne risque de ne pas atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement en matière d’accès à l’assainissement amélioré.
L’on estime quotidiennement à 2 000 le nombre d’enfants de moins de cinq ans qui décèdent de maladies diarrhéiques en Afrique. L’assainissement, indispensable à la santé humaine, contribue à la dignité et au développement socio-économique. Sur la période 1990-2004, l’UNICEF et l’OMS rapportent que le nombre de gens sans accès à l’assainissement en Afrique subsaharienne a augmenté de plus de 30 %. Si cette tendance se maintient jusqu’en 2015, la région finira par compter 91 millions de personnes non desservies de plus qu’en 2004.
Compte tenu de la moyenne mondiale de 50 % en matière d’accès à l’eau potable dans les régions en développement, l’Afrique subsaharienne a le plus faible taux de couverture à 37 %, suivie de l’Asie du Sud (38 %) et de l’Asie de l’Est (45 %). La couverture varie de 53 % dans les zones urbaines à 28 %dans les zones rurales. L’objectif fixé dans le cadre des OMD en matière d’accès à l’eau à l’horizon 2015 est de 66 % de couverture.
L’assainissement en milieu urbain constitue un défi particulier à relever dans les bidonvilles. La complexité du problème est y liée à la forte densité de la population, à la mauvaise qualité des infrastructures, à l’absence de sécurité foncière et à des habitudes telles que la défécation en plein air.
Les communautés peuvent jouer un rôle important en mettant en œuvre des processus d’élimination des déchets faisant appel à des solutions peu onéreuses, locales et durables qui enseignent l’importance de l’hygiène élémentaire. Davantage d’appui est nécessaire en vue de motiver et d’éduquer ces communautés.



