Tendances de financement 2016 - Autre financement du secteur public

Les engagements financiers en provenance du secteur public n'appartenant pas à l'ICA destinés à développer les infrastructures en Afrique ont totalisé 43,9 milliards en 2016. Il y a eu une petite augmentation des crédits budgétaires alloués par les gouvernements nationaux africains pour les infrastructures, mais des réductions du financement chinois déclaré et de l'investissement en provenance du secteur privé. 

Budgets nationaux africains pour le développement des infrastructures

La totalité des sommes allouées aux infrastructures identifiables par les budgets de 46 gouvernements nationaux africains a atteint 26,3 milliards de dollars en 2016. Ceci peut être comparé à un total reformulé de 24 milliards de dollars au sein de 44 pays, en 2015. Le total reformulé a été atteint en réduisant les 28,4 milliards de dollars rapportés en 2015 par des crédits budgétaires alloués à hauteur de 4,4 milliards de dollars désormais identifiés en tant que financements externes.

Afin d'éviter une double comptabilisation et de fournir des données aussi précises que possibles, le financement externe identifiable a été supprimé. Néanmoins, la possibilité de double comptabilisation demeure dans certains pays au sein desquels les données budgétaires ne précisent pas s'il s'agit d'un financement externe ou interne consacré à des projets ou secteurs spécifiques. 

Des pays supplémentaires pour lesquels les données de 2016 ont été extraites sont les suivants : République du Congo, Niger, Sao-Tomé-et-Principe, et les Seychelles. Les sommes allouées aux infrastructures identifiées au sein des budgets gouvernementaux nationaux consacrés au Tchad et à la Guinée-Bissau en 2015 n'ont pas pu être identifiées pour 2016 dans la mesure où les ventilations budgétaires détaillées n'étaient pas disponibles. 

En comparant les priorités des années précédentes, le secteur des transports représentait la partie la plus importante (55,5 %) des crédits budgétaires associés alloués au secteur des infrastructures en Afrique, avec un total de 14,6 milliards de dollars. Les crédits budgétaires alloués au secteur de l'eau ont totalisé 4,4 milliards de dollars (soit 16,7 %), tandis que les crédits budgétaires alloués au secteur de l'énergie ont considérablement chuté en 2016, pour atteindre un total de 3,8 milliards de dollars (soit 14,4 %). Ceci est vraisemblablement imputable aux questions indépendantes qui se posent à l'échelle mondiale y compris les taux de croissance faibles et la chute du prix du pétrole et d'autres matières premières. À l'instar des années précédentes, le secteur des TIC a reçu le montant le plus faible des dépenses allouées en Afrique, avec 853 millions de dollars (soit 3,2 %). Des engagements budgétaires nationaux africains supplémentaires, à hauteur de 2,7 milliards de dollars (soit 10,2 %) ont été consacrés à des projets multisectoriels ou étaient demeurés non attribués à la date du rapport.

Affectation budgétaire des gouvernements nationaux par secteur

Chine

Les investissements chinois annoncés en 2016 ont totalisé 6,4 milliards de dollars, soit moins d'un tiers comparativement aux 20,9 milliards de dollars rapportés en 2015, mais plus du double par rapport aux 3,1 milliards de dollars rapportés en 2014.

Malgré ces fluctuations, les niveaux de financement ont atteint une moyenne de 10,1 milliards de dollars pour la période 2014-2016, pas loin derrière la tendance annuelle de six ans à hauteur de 12 milliards de dollars pour la période 2011-2016.

Pour la deuxième année consécutive, le secteur de l'énergie a reçu le plus de financements, avec 4,6 milliards de dollars comparativement aux investissements consacrés au secteur des transports s'élevant à un peu plus de 1 milliard de dollars. La récente concentration sur le secteur de l'énergie contraste grandement avec les données indiquées pour la période 2011-2013, lorsque la Chine a annoncé des investissements beaucoup plus importants dans le secteur des transports que dans le secteur de  l'énergie.

Au cours des six dernières années, (à l'exception de 2015, lorsque des investissements significatifs dans des projets inhérents aux secteur de l'énergie et des transports ont été annoncés en Afrique australe) la Chine a consacré plus d'investissements en Afrique de l'Est que dans n'importe quelle autre région. Tandis qu'un financement chinois à hauteur de 9,9 milliards de dollars pour l'Afrique australe avait été annoncé en 2015, un financement à hauteur de seulement 800 millions de dollars a été annoncé en 2016.

Aucun investissement consacré à l'Afrique du Nord n'a été annoncé en 2016, ce qui est cohérent avec la concentration de la Chine sur l'Afrique Subsaharienne. Elle a également tendance à ne pas réaliser beaucoup d'investissements dans le secteur de l'eau et de l'assainissement.

Groupe de Coordination des Fonds arabes

Le Groupe de Coordination des Fonds arabes a engagé environ 5,5 milliards de dollars dans des projets d'infrastructures en Afrique en 2016, comparativement à 4,4 milliards de dollars en 2015 et à 3,5 milliards de dollars en 2014. 

Les investissements réalisés par le Fonds saoudien pour le développement (FSD) ont totalisé 2,3 milliards de dollars, et ont été principalement consacrés à des projets inhérents aux secteurs des transports et de  l'énergie en Afrique du Nord. La Banque islamique de développement (BID) a engagé 1,1 milliard de dollars en 2016, avec l'Afrique de l'Ouest, ce qui représente 91 %. La BID a consacré la majeure partie de ses investissements au secteur des transports.

Le Fonds arabe pour le développement économique et social (FADES) a engagé 1,1 milliard de dollars en 2016, avec plus de 80 % consacrés à l'Afrique du Nord. Le FADES a consacré la majeure partie de ses investissements à des projets hydrauliques.

Le Fonds de l'OPEP pour le développement international (OFID) a réalisé un investissement global de 225,8 millions de dollars en 2016, beaucoup plus faible que la somme de 311,5 millions de dollars consacrée en 2015. 

Le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (KFAED) a engagé un total de 509,4 millions de dollars dans des projets d'infrastructure, avec la majeure partie consacrée à l'Afrique du Nord. Des investissements à hauteur de 81 millions de dollars en provenance du Fonds d'Abu Dhabi pour le développement (ADFD) en 2016 ont été répartis presque également entre des projets d'énergie solaire et de transport ferroviaire.

La Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA – Arab Bank for Economic Development in Africa) a engagé 147,1 millions de dollars en 2016, avec la majeure partie consacrée au secteur des transports. 

En termes de préférences de secteur, le secteur des transports a reçu le financement le plus important en 2016, avec 1,4 milliard de dollars du total des engagements consacrés par secteur. Ceci peut être comparé à l'investissement à hauteur d'environ 2,1 milliards de dollars réalisé en 2015. Les investissements consacrés au secteur de l'énergie ont chuté en 2016 pour atteindre un peu moins de 1,3 milliard de dollars tandis que ceux consacrés au secteur de l'eau ont augmenté de 378 millions de dollars en 2015 à 1 milliard en 2016.

Financement européens en provenance de pays non-membres de l'ICA

Les investissements réalisés par les DFI européens non membres de l'ICA ont totalisé 392 millions de dollars en 2016, soit une baisse significative par rapport à 2015 (876 millions de dollars), et seulement 30 % des 1,3 milliards de dollars engagés en 2014. 

Les investissements n'ont pas été répartis de manière égale entre les secteurs, avec le secteur de l'énergie représentant 75 % du total (295 millions de dollars), le secteur des transports 13 % (50 millions de dollars) et le secteur des TIC 12 % (47 millions de dollars). Il n'y a pas eu d'investissement déclaré consacré au secteur de l'eau en 2016. Les investissements consacrés à des projets d'énergie renouvelable ont joué un rôle important dans les portefeuilles des investisseurs européens non membres de l'ICA pour 2016.

27 % du total des investissements réalisés en 2016 ont été consacrés à l'Afrique du Nord, soit la partie la plus importante par rapport aux autres régions, suivie par l'Afrique de l'Est (18 %), l'Afrique de l'Ouest (17 %) et l'Afrique centrale (11 %). Sur l'ensemble des investissements réalisés, 15,8 % ont été consacrés à des initiative panafricaines.

La Société néerlandaise de financement du développement (FMO) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (EBRD) ont dominé les engagements consacrés en 2016 par les organisations européennes non membres de l'ICA, à hauteur de 61 % et 27 %, respectivement. En 2015, les investissements réalisés par l'EBRD ont représenté 73 %, et ceux réalisés par la FMO, 13 % de l'ensemble des engagements.

Engagements des organisations européennes non membres de l'ICA dans les infrastructures par secteur

Engagements des organisations européennes non membres de l'ICA dans les infrastructures par région

Banques africaines de développement régionales

Quatre banques de développement régionales non membres de l'ICA (BDR) ont indiqué les données suivantes pour 2016 : la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD, West African Development Bank), la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), la Banque de commerce et de développement (BCD, anciennement PTA Bank) et la Banque de développement de l'Afrique de l'Est (EADB).

Ensemble, ces banques ont engagé 924 millions de dollars, soit plus du double comparativement aux 419 millions de dollars rapportés en 2015. Sur l'ensemble des investissements réalisés en 2016, environ 90 % ont été consacrés à des projets du secteur de l'énergie et des transports. L'Afrique de l'Ouest a reçu 65 % de l'ensemble des investissements, et l'Afrique centrale, 25 %. Tous les fonds ont été fournis par des prêts. La Banque de développement d'Afrique du Sud (DBSA), membre de l'ICA, a de nouveau fourni l'engagement le plus important de toutes les BDR, avec des investissements et des débours à hauteur de 1,2 milliards de dollars.

Autres sources de financement

Inde 

La banque Export-Import d'Inde (Exim Bank India) a investi 1,2 milliards de dollars dans des projets d'infrastructures en Afrique en 2016, soit plus du double comparativement aux investissements de 524 millions de dollars réalisés en 2015. La majeure partie des investissements ont été consacrés au secteur des transports (513 millions de dollars) suivi du secteur de l'énergie (422 millions de dollars) et du secteur de l'eau (262 millions de dollars).

Brésil

Le Banco Nacional de Desenvolvimento Econômico e Social (BNDES) du Brésil a indiqué à l'ICA n'avoir réalisé aucun investissement dans les infrastructures africaines en 2016.

Corée du Sud

La Banque Export-Import de Corée (Korea Eximbank) a consacré 432 millions de dollars à quatre projets dans les secteurs des transports (242 millions de dollars) et de l'eau (190 millions de dollars) en 2016, comparativement à des investissements à hauteur de 81 millions de dollars en 2015 et 206 millions de dollars en 2014. 

La Nouvelle banque de développement

Établie par les cinq pays BRIC - Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud - la Nouvelle banque de développement (NBD) a réalisé son premier investissement consacré aux infrastructures africaines en 2016 avec un prêt s'élevant à 180 millions de dollars pour le projet inhérent au secteur de l'énergie en Afrique du Sud.

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