Tendances de financement 2015 - Autre financement du secteur public

Le total des engagements financiers en provenance du secteur public n'appartenant pas à l'ICA destinés à développer les infrastructures en Afrique a augmenté jusqu'à 56,1 milliards de dollars en 2015, par rapport à 52,8 milliards en 2014. Cela représente une augmentation de plus de 6 %, malgré la réduction des affectations identifiables envers les infrastructures en 2015. 

Budgets nationaux africains pour le développement des infrastructures

Les affectations budgétaires consacrées aux infrastructures identifiables en provenance de gouvernements nationaux africains ont totalisé 28,4 milliards de dollars en 2015, contre 34,5 milliards en 2014. Ces informations proviennent de 44 pays en 2015, contre 42 en 2014. La baisse des affectations nationales au développement des infrastructures est essentiellement imputable à la pression exercée par le faible prix du carburant et des marchandises, qui semble avoir eu un impact négatif sur les dépenses gouvernementales dans certaines des économies les plus importantes du continent. 

En 2015, 54 % des dépenses totales dans les infrastructures étaient imputables au transport, confirmant la position dominante de ce secteur (51 % des dépenses totales en 2014). Toutefois, en termes financiers, le montant total affecté au transport a chuté de 13 % – de 17,6 milliards en 2014 à 15,3 milliards en 2015. Les projets énergétiques ont attiré la deuxième plus grosse part des affectations vers les infrastructures, avec 6 milliards ou 21 % des affectations de 2015 contre 7,5 milliards ou 21,7 % en 2014. Les affectations dans le secteur de l'eau ont totalisé 4,1 milliards (14,5 % de l'ensemble des affectations), le reste étant consacré aux projets multisectoriels et le secteur des TIC. 


Figure 36: Affectation budgétaire des gouvernements nationaux par secteur (milliards de dollars)


Chine

Les investissements annoncés par la Chine ont atteint le niveau record de 20,9 milliards de dollars en 2015, ce qui rattrape le faible niveau des engagements de 2014 (3,1 milliards). Au cours des cinq années précédant 2015, le niveau annuel moyen des investissements chinois s'élevait à 13,1 milliards, le précédant record (15 milliards) datant de 2011.

La Chine semble avoir fait de l'énergie sa nouvelle priorité, ayant annoncé des investissements à hauteur de 10 milliards dans le secteur en 2015, le double du précédant record de 5,2 milliards datant de 2012, et surpassant pour la première fois le secteur du transport en Chine. Au cours des cinq dernières années, la Chine a annoncé des investissements dans le secteur de l'énergie pour un total de 20 milliards de dollars, ainsi que 40 milliards dans le transport. (Les données sur la Chine sont sujettes à caution car elles sont en grande partie basées sur les annonces diffusées dans les médias, et non sur des engagements. Certains projets peuvent être retardés ou annulés.) 


Figure 51: Engagements de la Chine par secteur 2011-2015


Groupe de Coordination des Fonds arabes

Les membres du Groupe de Coordination des Fonds arabes (ACG) se sont engagés à hauteur de 4,4 milliards de dollars pour le financement de projets d'infrastructure en Afrique en 2015, surpassant le précédent record d'engagement de 3,9 milliards en 2012. Ce record s'explique essentiellement par le quasi doublement des engagements de la Banque Islamique de Développement (BID), le donateur le plus important du groupe vers les infrastructures africaines. La BID a investi 2,2 milliards de dollars, soit 49 % des engagements de la CGFA en termes de valeur, contre 1,3 milliards (34 %) en 2014.

La GCFA a modifié l'objet de ses investissements au cours des deux dernières années, les financements vers l'Afrique du Nord passant largement sous la barre des 50 % en 2015. Dès 2014, la GCFA a commencé à s'intéresser à l'Afrique de l'Est et de l'Ouest, au-delà des pays avec lesquels elle est liée sur le plan culturel et linguistique. Les données de 2015 confirment cette tendance, bien que le groupe semble également s’intéresser à l'Afrique centrale et du Sud, même si les chiffres restent assez faibles.

Le groupe ne s'intéresse plus non plus aux mêmes secteurs. Bien que l'accent ait été mis sur l'énergie au cours des trois années précédant 2014, le secteur du transport a fait l'objet d'un intérêt particulier lors de cette période, les engagements dans ce secteur dépassant ceux dans le secteur de l'énergie de 517 millions de dollars en 2015, pour atteindre les 2 milliards.


Figure 53: Engagements du Groupe de Coordination des Fonds arabes par secteur et par région, 2013-2015



Figure 55 : Engagements européens dans les infrastructures par secteur, 2015

Figure 56 : Engagements européens dans les infrastructures par région, 2015


Banques régionales de développement en Afrique

Les banques régionales de développement africaines (sauf la DBSA, qui est membre de l'ICA) se sont engagées à hauteur de 418 millions de dollars en 2015, une promesse inférieure à celle de 2014 qui s'élevait à 583 millions. C'est la BOAD (la Banque de développement d'Afrique de l'Ouest) qui a pris l'engagement le plus important (352 millions de dollars), principalement dans les domaines du transport (31,9 %), de l'énergie (25,6 %) et des TIC (21,7 %).

La DBSA s'est engagée à hauteur de 929 millions de dollars pour le développement des infrastructures africaines en 2015, 78,1 % de ce montant étant destiné au secteur de l'énergie. Les projets multisectoriels ont quant à eux fait l'objet de 14 % des engagements de 2015.

Autres sources de financement

L'Inde s'est engagée à hauteur de 524 millions de dollars envers les projets d'infrastructure africains, une augmentation par rapport aux 424 millions de dollars de 2014 (mais moins que les 761 millions engagés en 2013). Sur ces engagements pour 2015, 255 millions de dollars portaient sur le secteur de l'énergie, et 268 millions sur celui de l'eau. Tous les engagements étaient constitués de prêts consentis par le biais de lignes de crédit émises par la Banque indienne d'exportation et d'importation.

Par le biais de sa Banco Nacional de Desenvolvimento Econômico e Social (BNDES), le Brésil n'a pris qu'un seul (mais significatif) engagement en 2015, avec 500 millions de dollars affectés à un projet hydroélectrique en Angola. Dans le cadre des démarches continues du gouvernement pour augmenter la capacité hydroélectrique du pays, cet engagement prolonge la tendance de la Banque brésilienne de Développement à ne soutenir que les pays lusophones.

La Banque d'exportation et d'importation de la Corée du Nord a pris un engagement en 2015, avec un crédit à long terme et à faible intérêt de 88,19 millions de dollars accordé pour le Projet II d'aménagement de l'infrastructure maritime du Sénégal. Le soutien de la Corée du Sud envers le développement des infrastructures africaines, systématiquement apporté au secteur du transport, a été assez fluctuant, avec 677 millions de dollars d'engagement en 2012, 174 millions en 2013 et 206 millions en 2014. 

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