Eau potable et assainissement

Principaux faits relatifs à l’alimentation en eau

  • La population bénéficiaire d’une meilleure alimentation en eau n’a pas crû ces dernières années. En fait, elle a baissé en milieu urbain.
  • Étant donné qu’il faudrait 15 milliards de $ EU par an pour atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement relatif à l’alimentation en eau, et vu que seule la moitié de ce montant serait disponible, il serait souhaitable que certains pays envisagent sérieusement d’utiliser des technologies à faible coût.
  • La sous-tarification de l’eau coûte 1,8 milliard de $ EU par an sous forme de subventions qui ne semblent pas profiter aux pauvres, bien que les prix permettant de recouvrer les coûts semblent abordables pour la plupart des consommateurs actuels.
  • Les inefficacités opérationnelles des sociétés d’alimentation en eau coûtent au continent 0,9 milliard de $ EU par an, et retardent l’expansion du service et l’entretien de l’infrastructure.
  • En milieu rural, le principal défi consiste à réduire la dépendance des eaux de surface grâce à un réseau de points d’accès à l’eau durables. À cet égard, les récentes réformes institutionnelles semblent efficaces.

Besoins de financement dans le secteur de l’alimentation en eau

L’Afrique subsaharienne toute entière a peu de chances d’atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à l’alimentation en eau. Le taux de couverture en milieu urbain est en baisse, les sociétés éprouvant des difficultés à faire face à l’accroissement de la population. En milieu rural, plus de 40 pour cent de la population continuent de dépendre des eaux de surface. D’une manière générale, les puits et les forages sont les sources d’alimentation en eau qui se développent le plus rapidement.

Le financement nécessaire pour atteindre l’OMD relatif à l’accès à une source d’eau améliorée est estimé à 16,5 milliards de $ EU par an (environ 2,6 % du PIB du continent). Pour de nombreux pays, ces coûts semblent prohibitifs. En mettant l’accent sur les technologies à faible coût, notamment les bornes-fontaines et les forages, ces pays pourraient réduire le coût de l’atteinte de l’OMD.

Les dépenses consacrées au secteur de l’eau s’élèvent à l’heure actuelle à 3,6 milliards de $ EU, soit un quart du montant nécessaire. Cependant, quelque 2,7 milliards de $ EU alloués au secteur sont gaspillés, du fait des inefficacités.

La sous-tarification des services constitue un exemple manifeste d’inefficacité. Les tarifs moyens de l’eau s’élèvent à environ 0,67 $ EU par mètre cube, ce qui est inférieur au seuil de recouvrement des coûts d’un peu plus de 1 $ EU par mètre cube. Du fait de la sous-tarification de l’eau, le secteur perd au moins 1,8 milliard de $ EU par an au titre des recettes. Le recouvrement intégral du coût du capital devrait être possible pour une moitié de la population, mais ne le serait pas pour l’autre moitié.

Les inefficacités opérationnelles des sociétés d’eau coûtent au continent un montant supplémentaire de 0,9 milliard de $ EU par an et freinent l’extension des services. Même si toutes ces inefficacités étaient éliminées, le déficit de financement global du secteur de l’eau s’élèverait encore à 7,8 milliards de $ EU par an (1,2 % du PIB).

Principaux faits concernant l’assainissement 

  • À l’heure actuelle, un tiers des Africains continuent de pratiquer la défécation à l’air libre et la moitié d’entre eux utilisent des latrines traditionnelles dont les inconvénients pour la santé sont peu connus, dans une large mesure. 
  • Le défi de l’assainissement revêt différentes formes dans différents pays, ainsi qu’en milieux urbain et rural. Ces différences nécessitent différentes réponses stratégiques. 
  • Là où la défécation à l’air libre prévaut, il convient de mettre l’accent sur l’éducation afin d’encourager les populations à construire et à utiliser des latrines. 
  • Lorsqu’il existe déjà des latrines traditionnelles, le principal défi consiste à encourager les populations à adopter des modèles de latrines améliorées. 
  • Lorsqu’il existe déjà un assainissement amélioré, le problème qui se pose tient à son extension aux populations à faible revenu et à la mise en place d’un réseau d’égouts dans les zones à forte densité de population. 
  • Dans un avenir prévisible, il est probable que les budgets des ménages demeurent la principale source de financement pour l’investissement dans l’assainissement.

Besoins de financement dans le secteur de l’assainissement

Le montant total du financement nécessaire pour atteindre l’OMD relatif à l’assainissement est estimé à 6 milliards de $ EU par an, soit environ 0,9 % du PIB du continent africain. Les besoins d’investissement en capital peuvent être estimés de manière prudente à 4,5 milliards de $ EU par an (0,7 % du PIB du continent), tandis que les besoins d’entretien sont estimés à 1,5 milliard de $ EU par an (0,2 % du PIB du continent).

Il n’existe aucune donnée fiable concernant les dépenses d’assainissement car les ménages, pris individuellement, effectuent la majeure partie de ces dépenses. Les estimations montrent qu’en moyenne, les pays africains investissent environ 0,5 % du PIB dans les nouvelles installations d’assainissement, ce qui est très proche du niveau d’investissement recommandé. La moitié des pays semblent investir moins de 0,7 % du PIB, ce qui constitue le niveau nécessaire pour atteindre l’OMD relatif à l’accès aux services d’assainissement. 

Il est difficile de déterminer le pourcentage du montant estimatif des dépenses totales dans le secteur de l’assainissement financé par le secteur public. Les faits montrent que l’investissement public dans le secteur de l’assainissement est négligeable, représentant 0,02 % du PIB en moyenne. Il semble que les ménages financent la majeure partie des investissements. Selon les estimations, l’exploitation et l’entretien (notamment des réseaux d’égouts) nécessitent un pourcentage supplémentaire de 0,2 % du PIB à l’avenir. 

Autant les coûts de réalisation de l’OMD relatif à l’assainissement sont élevés, autant les avantages pour la santé sont importants. Par exemple, l’on estime que l’atteinte de l’OMD tant pour l’alimentation en eau que pour l’assainissement en Afrique permettrait de prévenir 172 millions de cas de diarrhée par an, soit des économies estimées à 1,8 milliard de $ EU sous forme de coûts de traitement.

(Source : AICD)

Approvisionnement en eau

L’Afrique subsaharienne est la région du monde où, sur la période 1990-2004, le nombre de gens n’ayant pas accès à l’eau potable a augmenté de 23 %. C’est la conclusion à laquelle est parvenue une étude exhaustive menée par l’UNICEF et l’OMS, qui avait pour but d’évaluer les progrès accomplis dans la réalisation des OMD portant sur l’accès à l’eau.

Bien qu’en Afrique subsaharienne l’accès à des sources améliorées d’eau ait été renforcé de 7 % sur la période 1990-2004, le nombre réel de gens sans accès à l’eau potable provenant d’une source améliorée a augmenté de près de 60 millions – ce qui trouve son explication dans l’absence d’investissements dans de nouvelles infrastructures et la croissance démographique. Une étude récemment menée sur la couverture en matière d’eau potable et d’assainissement montre que seulement 56 % de la population subsaharienne a accès à l’eau potable – ce qui laisse près de 340 millions sans aucun accès.

Le tableau est mitigé à travers le continent, certains pays réalisant de meilleurs  progrès que d’autres – en général, les zones rurales restent à la traîne des zones urbaines en matière d’accès à l’eau potable. Davantage d’efforts sont requis en vue d’atteindre les populations rurales non desservies et de réduire les risques sanitaires associés à l’absence d’infrastructures améliorées d’approvisionnement en eau potable dans ces zones.

En Afrique, des millions de femmes et d’enfants peuvent parcourir quotidiennement de longues distances à la recherche de l’eau, ce qui constitue à la fois un fardeau physique pour les femmes et un fardeau économique pour les pays concernés dans la mesure où les femmes, lorsqu’elles assurent la corvée de l’eau, sont soustraites aux activités productives ; quant aux enfants, ils ratent l’éducation qui leur est si indispensable

Abonnement au bulletin d’information

Abbonez-vous à notre bulletin trimestriel pour recevoir des mises à jour de ICA

Savoir Plus