Ressources en eau et stockage

Le développement économique de l’Afrique se ressent d’épisodes de sécheresse et d’inondations extrêmes qui ne pourront qu’empirer avec la variabilité hydroclimatique imputable aux changements climatiques. 

  • Il y a lieu d’accroître les infrastructures de stockage d’eau afin de gérer la variabilité hydrologique du continent et de mettre pleinement en valeur les ressources en eau en vue de soutenir le développement. 
  • En Afrique, les ressources en eau sont sous-utilisées, d’une manière générale. Cependant, les utilisations conflictuelles sont monnaie courante.
  • L’existence de grands bassins fluviaux transfrontaliers rend complexes la construction d’infrastructures à grande échelle et la gestion des conflits liés à l’eau.
  • De solides institutions de gestion de l’eau sont nécessaires au niveau national et dans les bassins afin d’optimiser l’utilisation de l’eau et de développer l’infrastructure hydraulique.

La gestion de l’eau est primordiale afin de relever les défis de développement du continent. Bien que l’eau soit essentielle pour l’agriculture, seuls 5 % de la superficie cultivée en Afrique sont irrigués. L’énergie hydroélectrique est également sous-exploitée, dans une large mesure, en Afrique ; moins de 10 % de son potentiel est mis à profit. L’eau pour les populations et les animaux est essentielle pour la santé et les moyens d’existence. Cependant, seuls 58 % des Africains ont accès à une source d’eau potable.

Les économies africaines sont tributaires d’une alimentation en eau fiable et suffisante. Toutefois, la pluviométrie élevée et la forte variabilité hydrologique se traduisent par des sécheresses et des inondations fréquentes qui minent la croissance économique. Par ailleurs, les ressources en eau partagées par les pays posent des problèmes politiques et de gestion complexes. 

La réalisation de la sécurité hydrique en vue de soutenir la croissance et de renforcer la résilience climatique est au cœur de la gestion des ressources en eau en Afrique. Cette sécurité reflète la capacité d’un pays à fonctionner de manière productive face à la vulnérabilité liée à l’eau. Il s’agit d’une condition préalable au maintien et à l’accroissement du rendement des investissements, ainsi qu’à la réalisation d’une croissance économique dynamique. Des infrastructures et des institutions disposant d’une capacité minimum, adossées à de solides systèmes d’information sur l’eau, sont nécessaires pour assurer la sécurité hydrique nationale de base.

La construction de l’infrastructure hydraulique favorisera la croissance, réduira les risques liés au climat et allégera les conflits liés à l’eau. Tant les grands que les petits projets d’infrastructure doivent faire partie d’un programme d’investissement équilibré dans le secteur de l’eau qui assure une alimentation fiable en eau pour les activités humaines, économiques et qui protège les ressources en eau et l’environnement. 

La création d’importantes installations de stockage à usages multiples est nécessaire pour atténuer les conséquences économiques de la variabilité hydroclimatique, assurer une alimentation fiable en eau et mettre en valeur les ressources en eau disponibles. Les approches à petite échelle de la gestion de l’eau améliorent la capacité des populations rurales pauvres à faire face aux chocs hydriques grâce à l’augmentation de la productivité agricole, assurent une alimentation économique en eau et atténuent l’impact des sécheresses. 

Besoins de financement pour les ressources en eau

Le coût annuel estimatif du financement nécessaire pour l’infrastructure hydraulique s’élève à environ 10 milliards de $ EU, dont près de 80 % pour la création d’importantes installations de stockage pour l’hydroélectricité à usages multiples, et environ 10 % pour la création d’une grande capacité de stockage pour l’alimentation en eau en milieu urbain et l’investissement dans l’exécution de projets d’infrastructure à petite échelle, respectivement. En outre, l’Afrique aura besoin d’un montant de 1 milliard de $ EU par an pour créer les réseaux hydrologiques, combler les déficits d’informations sur l’eau et développer les institutions de gestion de l’eau.

 

(Source : AICD)

 

 

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