Chemins de fer

  • L’importance économique des chemins de fer africains a baissé considérablement au cours des 30 dernières années, suite à la libéralisation du transport ferroviaire et à l’amélioration de l’infrastructure routière.
  • La réfection des réseaux ferroviaires vieillissants du continent afin d’assurer leur bon fonctionnement nécessiterait un effort unique dont le coût est estimé à 3 milliards de $ EU.
  • Les concessions de chemins de fer, devenues monnaie courante, ont permis d’améliorer, d’une manière générale, le service et d’accroître les recettes, mais les seules concessions ne suffiront pas à assurer le financement adéquat des travaux de réfection des chemins de fer africains.
  • Les services de transport de passagers par voie ferroviaire longue distance sont en baisse. En outre, ils sont devenus un lourd fardeau financier pour plusieurs concessions ferroviaires.

Suite à la libéralisation économique et aux améliorations importantes du réseau routier, la plupart des chemins de fer du continent (hormis ceux d’Afrique du Sud) ont perdu leur avantage sur le plan économique. Peu d’entre eux continuent de jouer un rôle important dans l’économie, si ce n’est pour relier les sites miniers aux ports. Suite à la baisse du trafic, peu de chemins de fer parviennent à générer suffisamment de recettes pour financer les investissements. Les lignes de passagers restantes ne parviennent pas à recouvrer les coûts, tandis que les tarifs du service fret stagnent, du fait de la concurrence de la route. La réponse stratégique classique a consisté à céder de nombreux chemins de fer africains dans le cadre de concessions. Toutefois, bien que les concessions aient permis d’améliorer sensiblement le service et de renverser la tendance à la baisse du trafic, elles n’ont pu générer suffisamment de recettes pour financer les travaux de réfection tant nécessaires.

Besoins de financement

Il y a lieu de se demander quel est le niveau d’investissement justifié sur le plan économique. Il est rare que les lignes dépassées par le développement du réseau routier et de celles dont le niveau de trafic est faible appellent une reconstruction ou un investissement. Il convient d’investir plutôt dans les tronçons du réseau qui revêtent de l’importance à long terme.

La négligence de l’entretien pendant de longues périodes a entraîné un important retard d’investissement pouvant atteindre 3 milliards de $ EU pour les chemins de fer africains. Cette dépense unique nécessaire pour résorber les arriérés de réhabilitation pourrait être étalée sur une période de 10 années, à raison d’un montant annuel de 300 millions de $ EU.

Une fois le réseau remis en état, la facture annuelle baisserait considérablement et ne concernerait plus que la réfection et le renouvellement en cours des voies. Le coût annuel actuel de la reconstruction des voies est estimé, en moyenne, à environ 100 millions de $ EU par an. Le maintien d’un parc approprié de matériel roulant coûterait 80 millions de $ EU supplémentaires par an, plus un montant additionnel de 20 millions de $ EU pour les installations, l’entretien, l’équipement et les autres coûts. Ceci se traduirait par un programme annuel combiné d’environ 500 millions de $ EU pendant 10 années, période après laquelle l’investissement se « stabiliserait » autour d’environ 200 millions de $ EU.

Les montants nécessaires pour résoudre ces problèmes sont importants et atteignent le niveau de recettes annuelles de certains chemins de fer et dépassent nettement leur capacité d’autofinancement. L’unique solution, dans la plupart des cas, consiste à rechercher d’importants prêts concessionnels ou subventions auprès de tierces parties.

Outre le réinvestissement dans le réseau actuel, l’investissement dans les nouveaux projets constitue une option. Cependant, il est peu probable que celui-ci soit viable sur le plan financier ou économique, compte tenu du coût comparatif de la construction des routes et de la concurrence avec les chemins de fer et le réseau routier existants.

(Source : AICD)

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