Tendances de financement 2014 - Autre financement du secteur public

Les engagements financiers en provenance du secteur public n'appartenant pas à l'ICA destinés à développer les infrastructures en Afrique ont totalisé 52,8 milliards de dollars américains en 2014. De ce montant, 65 % des engagements identifiés représentaient des affectations budgétaires réalisées par les gouvernements africains nationaux, dans 42 pays.

Il est essentiel de noter qu'il peut y avoir un élément de double comptabilisation lorsque (par exemple) les affectations contiennent un financement externe en provenance de financiers d'infrastructures, y compris les membres de l'ICA et autres. Les affectations budgétaires permettent également de financer en partie les activités qui ne rentrent pas dans le cadre des définitions de l'infrastructure de l'ICA. Inversement, les affectations budgétaires réalisées par un gouvernement national sont susceptibles de ne pas représenter la totalité des affectations budgétaires nationales du secteur public d'un pays dans le cas où certaines de ces affectations sont réalisées à un niveau sous-national – par exemple, par les gouvernements locaux ou par des compagnies de services publics.


Total Non-ICA Funding in 2014

Budgets nationaux africains pour le développement des infrastructures

La valeur totale des affectations identifiables inhérentes aux infrastructures issues de 42 pays africains s'élevait à 34,5 milliards de dollars américains en 2014. De ce montant, 18,7 milliards de dollars américains (soit 57 %) ont été affectés au secteur des transports, et 27 des 42 pays ont affecté la majeure partie de leurs engagements de développement des infrastructures à ce secteur. Sept pays ont placé l'eau en tant que priorité tandis que cinq d'entre eux ont affecté davantage de fonds au secteur énergétique. A l’instar des engagements pris par les membres de l'ICA, il y a eu une augmentation substantielle des affectations budgétaires du gouvernement à des projets multisectoriels au cours des trois dernières années.

(La méthodologie utilisée pour établir les budgets nationaux africains a été affinée comparativement aux années précédentes, en réduisant – mais sans éliminer complètement – le risque de double comptabilisation dans la mesure du possible.)

Chine

Avec 3,1 milliards de dollars américains, le financement octroyé par la Chine aux projets d'infrastructure en Afrique en 2014 était considérablement plus faible que lors des trois années précédentes, lorsqu'il atteignait une moyenne de 13,9 milliards de dollars américains. La réduction significative des engagements financiers pris par la Chine peut indiquer un ré-étalonnage des investissements chinois dans les infrastructures africaines. Le ralentissement économique subi par la Chine et les prix plus faibles des produits de base sont également susceptibles d'avoir ralenti la fréquence des investissements chinois.

En accord avec les années précédentes, les projets liés aux transports ont attiré la majeure partie de la totalité des engagements financiers de la Chine en 2014 – à savoir 2,1 milliards de dollars américains, soit 68 %. En 2014, un peu plus de 15 % des engagements financiers de la chine ont été réalisés dans le secteur énergétique, 13 % dans des projets liés aux TIC et environ 4 % dans le secteur hydraulique.

Groupe de Coordination des Fonds arabes

Le Groupe de Coordination des Fonds arabes (ACG) a engagé environ 3,5 milliards de dollars américains dans des projets d'infrastructures en Afrique en 2014, et environ 3 milliards de dollars américains en 2013. En accord avec les années précédentes, La Banque Islamique de Développement (BID) a été le prêteur le plus important pour les projets d'infrastructures, en engageant environ 1,3 milliards de dollars américains, soit environ 37,4 % du total du groupe pour les projets d'infrastructures.

Les projets énergétiques ont reçu le taux le plus élevé d'engagements de la GCFA en 2014, avec 1,6 milliards de dollars américains (soit 48 %). Les projets liés aux transports ont reçu un financement à hauteur de 1,2 milliards de dollars américains (soit 34 %) tandis que les projets hydrauliques ont reçu un financement à hauteur de 621 millions de dollars américains (soit environ 18 %). Le secteur des TIC n'a jamais figuré en bonne place dans le cadre du financement octroyé par la GCFA au continent.

Les projets nord africains ont reçu la majorité des financements octroyés par la GCFA, avec un peu plus de 2 milliards de dollars américains, soit 58 % du financement total du groupe. Ceci est cohérent avec les années précédentes. L'Afrique de l'Ouest a reçu 908 millions de dollars américains (soit 26 %) et l'Afrique orientale, 362 millions de dollars américains (soit 11 %), tandis que les engagements pris par la GCFA à l'égard de l'Afrique centrale et de l'Afrique australe ont totalisé 165 millions de dollars américains (soit 5 %).

Financement européens en provenances de pays non-membres de l'ICA

L'investissement réalisé par les pays européens non-membres de l'ICA ont totalisé 1,3 milliards de dollars américains en 2014. L'investissement n'a pas été réparti de manière uniforme entre les secteurs, avec une priorité accordée au secteur énergétique, à hauteur de 68 % du total des engagements. Un engagement à hauteur de 29 % a été consacré à des projets multisectoriels (une augmentation significative comparativement à l'année précédente) et les 3 % restants ont été consacrés à des projets TIC (moins comparativement à l'année précédente). A l'instar de 2013, aucun investissement n'a été consacré à des projets hydrauliques ou liés aux transports de la part de pays européens non-membres de l'ICA en 2014.

55 % des investissements ont été consacrés à des projets panafricains, y compris par le biais de fonds de capitaux privés et du Fonds émergent pour les infrastructures en Afrique. L'Afrique de l'Ouest a attiré 20 % du financement en provenance de pays européens non-membres de l'ICA en 2014, l'Afrique australe (exclusion faite de l'Afrique du Sud) 11 % et l'Afrique orientale 10 %. Les engagements financiers consacrés à l'Afrique du Nord et centrale ont totalisé 4 %.

Banques régionales de développement en Afrique

Les banques régionales de développement en Afrique ont engagé 1,6 milliards de dollars américains dans des projets d'infrastructure à travers le continent en 2014, soit une baisse comparativement aux 2,2 milliards de dollars américains engagés en 2013. La Banque de Développement d'Afrique australe (DBSA) a été le principal contributeur, en engageant un total de 978 millions de dollars américains en 2014. De ce montant, 789 millions de dollars américains ont été consacrés à des projets en Afrique du Sud, tandis que les fonds restants ont été consacrés à d'autres projets en Afrique australe et en Afrique de l'Ouest.

La Banque ouest-africaine de Développement (BOAD) a engagé 447 millions de dollars américains en 2014 tandis que la Banque d'investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) a engagé 116 millions de dollars américains.

Autres sources de financement

En 2014, des prêts en provenance de l' Inde ont été consacrés à des projets d'infrastructure en Afrique à hauteur de 424 millions de dollars américains, ce qui est considérablement moindre comparativement à 2013 (761 millions de dollars américains) et 2012 (667 millions de dollars américains). Tous les prêts ont été consentis par le biais de lignes de crédit émises par la Banque d'exportation et d'importation du pays. Les fonds indiens ont été consacrés uniquement aux pays d'Afrique de l'Ouest et centrale. La majorité du financement a été consacrée à des projets énergétiques (à hauteur de 287 millions de dollars américains). Le financement consacré au secteur des transports à chuté de manière significative, en passant de 450 millions de dollars américains en 2013 à 90 millions de dollars américains en 2014.

La Banque brésilienne de développement, Banco Nacional de Desenvolvimento Econômico e Social (BNDES), a consacré 503,4 millions de dollars américains à des projets d'infrastructure en Afrique en 2014. La banque a concédé 530 millions de dollars américains en 2012 mais aucun engagement financier n'a été concédé en 2013. Le financement de la BNDES est octroyé uniquement aux pays lusophones, au sein desquels la majorité de l'investissement du secteur privé brésilien est consacré.

La Banque d’exportation et d'importation de la Corée du Sud a concédé des prêts à des projets d'infrastructure en Afrique par le biais du Fonds de Coopération et de Développement économique, en consacrant 206 millions de dollars américains, par l'intermédiaire de deux prêts en 2014 (destinés à des projets liés aux transports en Égypte et en Tanzanie). Ce montant est supérieur à celui consacré en 2013 (175 millions de dollars américains) mais inférieur aux 677 millions de dollars américains consacré en 2012. La Corée du Sud cible de manière continue les projets liés aux transports (les prêts concédés en 2013 avaient été consacrés à des projets de construction de routes au Mozambique et en Éthiopie).

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