Encadré: Énergie – Projet de centrale hydroélectrique de Bujagali

Contexte

La performance macroéconomique de l’Ouganda est menacée par une crise électrique grave qui affecte son taux de croissance économique. En 2006, seuls 5% de la population avaient accès à l’électricité, ce qui donne l’un des plus faibles taux de consommation d’électricité par tête d’habitant au monde. Les pannes d’électricité chroniques sont dues à la demande croissante, à une sècheresse prolongée, à un système de distribution peu fiable et à des retards dans la mise en service de capacités de production supplémentaires.

(Soudan ; Ouganda ; Lac Victoria) 

Le projet de Bujagali vise à installer une capacité de production d’électricité au coût le plus bas  qui résorbera les pannes d’électricité. Le projet aboutira à l’installation d’une centrale hydroélectrique de 250 MW sur le Victoria Nile et il satisfera les besoins à moyen et long terme. En 2006, le doublement du prix de l’électricité a été institué en Ouganda, du fait, en partie, que le pays comptait sur l’électricité thermique pour atténuer les pannes courantes. Le projet de Bujagali implique la construction et la maintenance d’une centrale hydroélectrique à Dumbell Island situé à huit kilomètres au Nord des centrales électriques de Nalubaale et Kiira. La centrale hydroélectrique réutilisera l’eau provenant de ces centrales pour produire un supplément d’électricité.

Rôle des parties prenantes

La société Industrial Promotions Services Ltd. (Kenya) et la Sithe Global Power LLC des États-Unis ont convenu de constituer une coentreprise, la Bujagali Energy Limited (BEL), chargée de l’exécution du projet. L’initiative est financée par le gouvernement ougandais et les institutions suivantes du Groupe de la Banque mondiale : l’AID, la Société financière internationale (IFC) et l’Agence multilatérale de Garantie des investissements (MIGA).

Financement et délais

En juillet 2007, le gouvernement ougandais a mis à disposition une avance de 75 millions de dollars pour permettre le démarrage des travaux, pendant que les bailleurs de fonds réunissaient le financement requis. Le montage financier en faveur du projet a été finalisé en décembre 2007 par le déblocage, de la part de la Banque mondiale, d’une avance de 275 millions de dollars sous forme de prêts et de garanties du risque souverain, et par l’octroi, par la BEI, d’un prêt de l’ordre de 136 millions de dollars (la BEI et la IFC sont les deux principaux financeurs du projet). Le coût total du projet est d’environ 875 millions de dollars et il fait appel à un nombre considérable de financeurs, y compris les agences bilatérales européennes et la Banque africaine de Développement, ainsi que des financements issus du secteur privé (prêts participatifs et prêts des banques commerciales). La mise en service de la centrale est prévue pour 2011.

Enseignements tirés

La construction de la centrale électrique était censée avoir débuté en 1994. Le projet a fait l’objet d’une farouche opposition de la part de ceux qui estimaient qu’il impliquerait le déplacement de beaucoup de personnes et qu’il submergerait les chutes de Bujagali, une attraction touristique populaire qui constitue un actif environnemental. La leçon essentielle apprise est que le dialogue entre parties prenantes devant tenir compte des préoccupations de la société civile aurait dû être engagé au préalable.

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