Financement des infrastructures : L'Afrique veut mobiliser plus de 30 milliards de dollars

16 juin 2014

Le Quotidien
Les 14 et 15 juin 2014, Dakar abritera le sommet sur le financement des infrastructures en Afrique.

L'objectif étant de mobiliser environ 38 milliards de dollars, qui manquent pour assurer le financement des 16 projets retenus dans le Plan d'action prioritaire (Pap) du Programme de développement des infrastructures en Afrique (Pida).

Environ 38 milliards de dollars, c'est le gap de financement que le Sommet de Dakar sur les infrastructures va chercher à combler pour assurer le démarrage des projets inscrits dans le Plan d'action prioritaire (Pap) du Programme de développement des infrastructures en Afrique (Pida), une composante du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Ne­pad).

Prévu les 14 et 15 Juin prochain, ce sommet «va explo rer les niches pouvant être exploitées pour financer les infrastructures dont le continent manque cruellement», explique Mme Gnounka Touré Diouf, ministre-conseiller du Président Macky Sall.

En prélude à cette rencontre, un atelier d'information et de sensibilisation a eu lieu jeudi dernier, au siège de la Fondation Friedrich Ebert, en faveur des membres du Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes).

Selon Mme Diouf, qui a introduit une communication  sur les enjeux de ce sommet, «il s'agit de mobiliser les parties prenantes autour des efforts déployés par l'Union africaine et le Nepad pour accélérer la mise en œuvre des projets régionaux d'infrastructures prioritaires».

Si l'Afrique a longtemps compté sur les ressources extérieures, le contexte de rareté qui prévaut actuellement du fait de la crise financière, oblige le continent à compter ses ressources propres, explique Mme Diouf.

La rencontre va ainsi réunir les décideurs des secteurs publics et privés au plus haut niveau et constituera le cadre pour rechercher des moyens concrets d'améliorer la préparation de projets et identifier des montages financiers innovants qui associent les secteurs publics et privés, expliquent les organisateurs de cette rencontre.

Sur les 51 projets définis dans le cadre du Programme d'action prioritaire (Pap) du Pida dont le financement global tourne autour de 300 milliards de dollars, le sommet de Dakar va soumettre 16 projets stratégiques et régionalem ent équilibrés aux investisseurs. Le coût d'investissement du Pap est estimé à environ 68 milliards de dollars.
Selon Gabriel Mougani de la Banque africaine de développement (Bad), ces projets qui sont à différents stades de développement, concernent le domaine de l'énergie qui mobilise 59% des financements, du transport pour 38%, de l'eau 2% et des Technologies de l'information et de la communication (Tic) pour 1%.

Parmi les projets qui seront présentés, figurent celui du barrage hydroélectrique de Samban­galou sur le Fleuve Sénégal et le projet de modernisation du chemin de fer Dakar-Bamako.
Le continent africain, qui réalise actuellement les plus forts taux de croissance au monde, souffre d'un retard cria rd en matière d'infrastructures.

Un retard qui fait perdre chaque année à l'Afrique deux points de pourcentage de sa croissance économique, de même qu'il réduit la productivité de plus de 40% du fait des mauvais états des infrastructures.

La rencontre de Dakar mise ainsi sur le pragmatisme des investisseurs pour amorcer la mise en œuvre de ces projets d'envergure. A terme, les projets du Pida devraient permettre de tripler le volume du commerce infrarégional, de créer plus de 15 millions d'emplois et de permettre à 800 millions de personnes d'accéder à l'électricité.

Plusieurs panels seront aussi inscrits à l'agenda notamment pour discuter «des stratégies pour éliminer les politi ques et les goulots d'étranglement qui font obstacle à l'investissement», annonce Mme Gnounka Toure Diouf.

Article original par Mame Woury Thioubou


Catégories: Infrastructures générales

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